137ème appel de Seydina Limamoulaye : la longue traversée du Mahdi

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La vie d’un Prophète n’est jamais un long fleuve tranquille. Et Seydina Limamou Laye en constitue une preuve. De son entourage à son peuple, en passant par l’autorité coloniale, Baye Laye a dû faire face à toutes sortes de déviations dans son chemin.

Il caractérise, selon ses disciples, le retour annoncé du Mahdi, un message de Dieu incarnant le Prophète Mouhamed (Psl). Seydina Limamou Laye a passé toute sa vie ou presque à tenter de prouver ce statut. A Yoff où il est né, le fondateur de la confrérie Layéne a parcouru un long chemin de croix. Même ses nombreux miracles n’auront pas toujours convaincu les habitants du village, à l’époque très attaché à la coutume et à la tradition. Limamou Thiaw, de son vrai nom, fils de Alassane Thiaw et de Coumba Ndoye, naquit à Yoff -Tonghor en 1843.

Son enfance se déroula sans incident majeur. Cependant, il ne manqua guère d’attirer l’attention de son entourage par son comportement sociable, sa promptitude à rendre service, ses qualités morales, sa piété, son amour de la propreté, son hospitalité à l’égard des étrangers.

Dès qu’il fut en âge de gagner sa vie, il orienta ses activités vers la pêche et l’agriculture comme tous les adolescents de son milieu. Lors de la saison des pluies qui les fixait au village, il s’activait dans les travaux champêtres tandis qu’en saison sèche, il arrivait souvent au Saint homme d’aller vers d’autres rivages où le poisson mordait mieux (à Saint-Louis, en Gambie…) A l’image du Prophète Mouhamed (Psl), Limamou Laye ne fréquenta aucune école et demeura illettré toute sa vie .

A 40 ans, il dit incarner le retour du mahdi

Déjà orphelin de père, Limamou venait d’atteindre ses quarante ans. Il perdit sa mère, une éminente servante de Dieu, dont la générosité et la piété étaient bien connues. Un deuil cruel qui le frappa et va changer la trajectoire de la vie du natif du quartier de Tonghor. Limamou Thiaw change de cap et de philosophie.

Après trois jours de mutisme et d’isolement, que l’entourage attribua au bouleversement qu’il venait de subir, Limamou sortit un matin de dimanche 24 mai 1883, superbement drapé de trois pagnes blancs : l’un autour de la taille, l’autre sur les épaules, le troisième lui servant de turban.

Il venait de tenir ce discours à la sœur de son père Adama Thiaw : ‘’O ma tante, recouvre-moi de deux couvertures blanches et sache que Dieu t’a donné un fils qu’il n’a jamais donné à personne au monde’’. A sa cousine, Ndiaye Diaw, il avait dit: ‘’Recouvre-moi deux couvertures neuves et sache que Dieu t’a donné un cousin qu’il n’a jamais donné à personne au monde.’’

Il fut emprisonné 3 mois à Gorée

Avec ce changement subit de comportement, le Saint homme va s’attirer les foudres de son peuple. Possédé, un malade sous l’emprise d’une sanction punitive infligée par les Rab (esprits surnaturels en Wolof), les insanités populaires se succédaient au fil des jours. Décidé à accomplir sa mission de divulguer la parole divine, Seydina Limamou Laye poursuivait son chemin. Avec une telle approche, les chefs coutumiers voyaient en lui une manière de désacraliser la tradition.

Ainsi, ils mettent Limamou Laye en mal avec les autorités coloniales. Elles commencèrent à craindre son influence et voulurent le déporter loin du pays, plus précisément au Gabon, mais sans succès. ‘’L’effectif de ses fidèles commençait à avoisiner le nombre de 300. L’autorité coloniale diligenta une enquête sur ses activités.

Et de là, commença les persécutions qui vont durer 3 ans’’, renseigne Seydina Issa Laye Diop, membre de la cellule de communication de l’Appel de Seydina Limamou Laye. Limamou fut emprisonné à Gorée pendant 3 mois avant de bénéficier d’un non-lieu lors de son jugement. A sa sortie, il séjourna 9 mois chez Tafsir Mbaye Sylla, ancien Imam de la mosquée de Rufisque.

L’apogée

Limamou continua donc de prêcher et une première satisfaction baigna son cœur meurtri par la vague de contestations : des membres de sa famille adhérèrent à sa doctrine. La première personne qui fit acte d’allégeance fut son épouse Faty Mbengue, mère de son fils aîné Issa, qui deviendra à sa disparition en 1909, son premier Khalife.

Momar Bineta Samb fut le premier disciple de Seydina Limamou. Dès son Appel, du haut d’un monticule de sable, il alla à sa rencontre et veilla à le protéger. Il s’implanta devant la porte de la chambre où Limamou demeura quelques jours, avant de circuler parmi ses concitoyens. Nul n’osait s’approcher de lui avec des intentions malveillantes, car Momar Bineta était un gaillard bien bâti que personne n’osait affronter

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