Transhumance politique: Ralliés stratégiques ou transhumants nécessiteux ?

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Edgar Faure, avec son «c’est le vent qui change de direction » en France, expliquait ces girouettes. Au Sénégal, ce sont les prairies qui se fanent pour comprendre les pirouettes. Et comme on a toujours besoin d’herbe fraîche, allez ruminer ! L’un dans l’autre, ces ralliements de dernière minute, toujours à la veille d’échéances, sont-ils bénéfiques pour les tenants du pouvoir ?

On pourrait convoquer juste le cas de l’ancien Premier ministre sous Wade. Lui, Souleymane Ndéné Ndiaye, a expliqué sa position, debout, à côté du Président Sall, par le côté amical qui masque la transhumance. Soit. Dès lors, au Sénégal, de l’indépendance à nos jours, le phénomène de la transhumance a atteint sa vitesse de croisière, seulement à la veille d’élection présidentielle. Et les cas les plus patents sont vécus dans la quête d’affaiblissement du Pds au temps où les socialistes étaient au pouvoir.

Fara Ndiaye, Ousmane Ngom, Serigne Diop, pour ne citer que ceux-là. Et dès qu’ils ont accédé au pouvoir, les libéraux ont adopté les mêmes postures d’acquisition de nouvelles voix. On peut citer entre autres Abdoul Malal Diop, Aida Mbodj, Sada Ndiaye, Yéro Ahmeth Diallo, Abdoulaye Diack,… Et le phénomène a continué sa progression avec la venue de Macky Sall en 2012.

De toutes ces postures politiques, l’analyse montre que les effets souhaités ou attendus n’ont pas donné les résultats attendus. Elles n’ont pas évité la défaite du parti ou de la mouvance présidentielle. D’où la déduction que ces ralliements sont de mauvaises stratégies. Avec l’évolution de la mentalité politique du citoyen sénégalais et de l’électeur, le rejet est la résultante de ces actions.

Ces personnalités, peu ordinaires, se prévalent d’une bonne base politique ou d’une influence auprès des masses populaires pour marchander, souvent à de vils prix, leur poids politique. Ce qui a fini par créer un sentiment de dégout auprès de l’opinion qui s’appuie sur la terminologie de transhumants pour les qualifier. Ce qui fait dire à beaucoup d’analystes que ce phénomène nuit plus qu’il n’offre de tranquillité électorale aux tenants du pouvoir.

D’où la conclusion que ces transhumants ne cherchent que le profit. Un profit plus financier que politique. Rares sont ces responsables politiques qui, après leur ralliement, jouent un rôle de premier plan dans la marches des affaires de la République.

Fada et Fabouly Gaye ouvrent la voie

La plupart du temps, ils sont nommés à des postes secondaires, comme Président de conseil d’administration ou de simples ministres conseillers. C’est sous le Président Wade que ces transhumants ont eu des rôles de premier plan comme ministres ou directeurs généraux.

Alors, à quelques petits mois de la présidentielle, les prairies de l’Apr accueillent sur l’herbe Modou Diagne Fada qui n’a plus d’avenir politique du fait de l’occupation générale de ce qui reste de l’espace politique, et Fabouly Gaye de Kolda ; désavoué par toute une base.

La quête d’un second mandat par le Président Sall découlera plutôt de sa capacité à s’agripper à ses réalisations et à bien jauger la température sociale avec ces Pénuries qui ont pour nom : Argent, Travail, Eau, Liberté démocratique,…

Pape Amadou Gaye

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