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Economiquement, le Maroc a déjà un pas dans la CEDEAO. Si jamais il devient un membre à part entière, il va asphyxier tous les pays membres. Sa force financière et sa compétitivité font qu’aucun pays ne peut rivaliser avec lui. Tel est le message d’alerte lancé hier par le comité de suivi de l’intégration à travers une conférence de presse.

Le 16 décembre 2017, la conférence et de gouvernement de la CEDEAO va donner sa position définitive sur l’intégration du Maroc dans l’espace en tant que membre à part entière. Les chefs des exécutifs de la communauté ont déjà donné leur accord de principe, le 14 juin dernier, suite à une demande introduite par le Royaume chérifien le 24 février de la même année. En l’absence de toute consultation, ou discussion préalables organisées par le gouvernement sur la question, un comité d’initiative pour le suivi de l’intégration a été créé au Sénégal pour prendre en charge la problématique. Il est composé d’organisations patronales, de syndicats, d’associations de la société civile et du monde universitaire.

Au cours d’une conférence de presse organisée hier, Diallo Kane, le président du comité et ses camarades ont formellement toute adhésion au royaume dans l’espace communautaire. « L’intégration du Maroc est un danger national », prévient un des participants dont les propos sont relayés par le journal Enquête qui indique par ailleurs que les membres du comité ont égrené tout un chapelet de conséquences négatives de cette arrivée sur les économies des pays, le Sénégal en particulier. Si le Maroc devient un membre à part entière, précise Mor Talla Kane dans les mêmes colonnes, il aura tous les avantages consentis à chacun des Etats. Or, le contenu de l’intégration est avant tout économique. Ainsi, l’impact sera double : d’un côté les comptes de l’Etat, de l’autre le secteur de la production. « Dans tous les secteurs, nous sommes perdants », s’inquiète M. Kane.

En effet, l’Etat va perdre des recettes avec la suppression des taxes douanières. Mais c’est un moindre mal comparé aux conséquences dans le monde de l’emploi. « Selon l’étude d’impact que le comité est en train de finaliser, l’agriculture, au sens large, l’industrie, l’artisanat, le commerce, les services ainsi que les bâtiments et travaux public figurent parmi les secteurs les plus impactés », prévient-on.

Pour ce qui est de l’agriculture, M. Kane fait remarquer que le Maroc est d’une compétitivité redoutable, au-delà même de celle du Portugal, de l’Italie et de la Grèce. Ces coûts de production sont divisés par deux voire trois, comparés à ses concurrents.

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