ALIOUNE (FALL) SALL ADMINISTRATEUR GENERAL DE LA FONDATION SERVIR LE SENEGAL

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Ce matin-là, l’homme est drapé d’un grand boubou immaculé et chaussé de babouches de la même couleur. Très sur son quant-à-soi, l’administrateur général de la Fondation « Servir le Sénégal » qui reçoit dans la partie annexe du Palais de la République (avenue Roume – Dakar) affiche une bonhomie légendaire, une courtoisie qui ne le quitte presque jamais. Après les salamecs et une petite leçon d’histoire sur liens de parenté entre les princes du Saloum et du Rip, sa terre d’origine, le second de la Première Dame et aussi intime du couple présidentiel, passe à table.

Une interview de presque une heure, qui a permis à Alioune Sall plus connu sous le nom de Alioune Fall, de faire le tour de l’actualité. Les accusations contre la Première Dame, les problèmes de la communication de l’Etat, l’action politique du Président Sall… Le journaliste de profession claque ses vérités.

406915_2162661846271_1251194256_nL’Observateur : Alioune Fall, on vous crayonne comme la personne la plus proche de l’actuelle  Première Dame  du Sénégal, Marième Faye, qui est aujourd’hui accusée d’être derrière les décisions du chef de l’Etat de se séparer de certains de ses collaborateurs. Quand est-il exactement ?

 

Alioune FALL : Proche de la Première Dame ? Oui ! Mais, j’ai l’habitude de dire que ma proximité avec la Première Dame est incidente de ma proximité avec le Président de la République. J’ai aussi habitude de dire que la Première Dame n’a pas proche, du moins pas comme les gens l’imaginent. Moi particulièrement, je n’ai pas de passé social avec la Première Dame, ni de liens de parenté et non plus de parcours commun dans la vie. J’ai connu la Première Dame, le jour où mon ami, son époux Macky Sall, m’a pris par la main, m’a emmené chez eux et me la présentée. C’est comme ça que je l’ai connue par son mari qui est plus que mon ami. Parce que, nous avons des relations qui dépassent l’amitié classique. Et je peux vous assurer que tous ceux qu’on crayonne ou caricature dans la presse comme des proches de la Première Dame sont dans cette situation-là.  

 

Oui, mais par rapport aux accusations qui pèsent sur sa personne ?

 

Il y a rien de vrai dans tout cela. On lui prête beaucoup, mais elle ne touche pas aux affaires de l’Etat. Elle n’a rien à voir avec ce qui se passe à la Présidence. Elle n’a aucune incidence sur les décisions politiques et administratives du Président. Mais on va continuer à l’indexer. C’est ainsi. D’ailleurs, vous risquez d’assister bientôt à des attaques provenant d’un autre front que celui des responsabilités exercées par son époux. Par exemple, juste après l’élection du Président, des femmes activistes ont actionné des leviers pour capter la Première Dame dans leurs réseaux. Cela n’a pas marché. Après s’être débattues de mille et une manières pour se positionner en personnel d’encadrement de l’épouse du Président, sans succès, elles ont changé de fusil d’épaule. Elles ont commencé à manœuvrer, en envoyant à la Première Dame des signaux insistants avec des relents de chantage. Elles vont faire une pétition pour dénoncer son utilisation de soi-disant produits éclaircissant sa peau. Depuis 2 mois elles agitent la menace, avec manifestement le souci de se faire agréer par la Première Dame dans son environnement. Comme celle-ci n’est pas du genre à fléchir sous le chantage, sa position n’a jamais varié. Qu’elles fassent leur pétition. Voilà comment cela fonctionne aussi dans ce pays.

 

Qu’est-ce qui explique donc que la remplaçante de Mme Senghor (Fatim Bâ) au secrétariat du Président soit la fille de Mme Doucouré, l’une de ses meilleures amies. N’est-ce pas un lien troublant ? 

 

La fille de Madame Doucouré est Adama. Elle m’appelle grand-frère et je l’appelle petite sœur. Elle était au secrétariat du Président en même temps que Madame Senghor. J’ai lu un papier dans L’Observateur qui en faisait cas et c’est exactement ce qui s’est passé. Adama était, à l’origine, mon assistante à moi dans la Fondation (Servir le Sénégal, Ndlr). Et le Président cherchait une seconde assistante pour seconder Mme Senghor avec qui, il a un long compagnonnage. Le Président avait mis sur la table un certains nombres de critères. Comme j’avais le Cv de Adama, j’ai vu qu’elle répondait parfaitement au profil que cherchait le chef de l’Etat. Elle a un haut niveau de formation en Finances, Comptabilité et en Administration dans des Universités françaises puis américaines. Elle a été cadre dans une banque de la place avant de démissionner pour aller poursuivre des études à l’étranger. Et quand j’ai entendu le Président dire qu’il cherchait une deuxième assistante pour renforcer son secrétariat, c’est moi-même qui lui ai proposé Adama. Ce n’est pas la Première Dame. C’est moi qui ai imprimé le Cv de Adama que j’ai remis au Président qui a apprécié favorablement. Elle a un bon niveau de formation, mais aussi de l’expérience. Parce qu’elle est rentrée à Dakar en quittant une institution financière à Paris. C’est une affaire qui a été réglée entre le Président et moi. Et depuis le mois de mai dernier, cette femme qu’on présente comme la nouvelle remplaçante de Madame Senghor (Fatim Bâ, limogée de son poste d’assistante du Président, Ndlr) était dans le cabinet du chef de l’Etat. Ce n’est pas une nouvelle venue qui est arrivée illico pour remplacer Mme Senghor, elle a toujours été au cabinet avec Mme Senghor. Et je crois savoir qu’elle a quitté le secrétariat du Président en même temps que Mme Senghor, toutes les deux ayant été affectées à de nouvelles missions.

 

Est-ce qu’avec ces recrutements très familiaux autour du Président, on ne va pas assister au clanisme «Wadien». A la gestion très familière du pouvoir comme on l’a vécue ses 12 dernières années?

 

Non, il n’y a pas de petite famille autour du Président. Vous savez en matière de recrutement de personnel, surtout sur ce qui porte sur le secrétariat qui est l’espace professionnelle où on est au courant de tout ce que le Président fait, il est tout à fait naturel de choisir les personnes qui doivent y travailler. A la limite, c’est une exigence. On ne peut pas mettre n’importe qui au secrétariat du Président. Le chef de l’Etat ne peut pas recruter une assistante comme ça. Il ne peut pas travailler avec une personne à ce niveau de l’Etat sans la connaître ou sans une recommandation fiable. Ça peut être dangereux parce que le critère déterminant à ce niveau-là, c’est le critère de confiance.

 

Oui, mais l’Administration forme des secrétaires aguerries…

 

(Il interrompt) L’Administration dispose de secrétaires, mais toutes les autorités étatiques, même en dessous du chef de l’Etat, recrutent leur propre cabinet. Ce n’est pas par hasard que dans les textes, il est donné, par exemple, à un ministre de venir avec son cabinet. Quand on nomme un ministre, il trouve un ministère technique, coordonné par le Secrétaire général du ministère s’il y en a, mais le ministre vient avec son cabinet, parce que c’est son espace de confiance. Et les membres de ce cabinet ont leur sort lié au sort du ministre. Leur mission prend fin en même temps que celle du ministre. Et partout dans le monde, c’est comme ça que ça se passe.

 

Mais où en est-on avec la purge au Palais. Après le secrétariat et la sécurité du Président qui ont enregistré des changements, il y a le coordonnateur de la cellule de communication du Président de la République, El Hadji Kassé qui s’éloigne un petit à petit de la Présidence. A qui le tour ?

 

(Il rigole). Je ne suis pas d’accord avec la qualification et la caractérisation que vous faites de ces changements-là. A part le secrétariat du Président, l’autre mouvement dont j’ai été informé, c’est la nomination de  M. El Hadji Kassé et à ce que je sache, il ne part pas. Il était conseiller spécial du Président, il le demeure. Disons qu’il y a de nouvelles attributions qui lui sont confiées. Il va diriger le comité scientifique de la Francophonie qui se prépare pour l’année prochaine à Dakar.  C’est une mission ponctuelle, c’est-à-dire après le sommet de la Francophonie, cette mission n’existera plus. Et si El Hadji Kassé continue de bénéficier de la confiance du Président après le sommet, il continuera à rester conseiller spécial du Président.

 

Vous êtes dans les secrets du Président. Honnêtement pensez-vous que M Kassé va continuer à gérer  la cellule de communication de la Présidence ?

 

Le Président est mon ami, mais je ne suis pas dans ses secrets. Maintenant, j’ai lu le communiqué comme tout le monde et je ne pense pas que le concerné va cumuler ses fonctions de patron du comité scientifique de la Francophonie et celles de coordonnateur de la cellule de communication de la Présidence. Ça risque d’être trop lourd et c’est mon avis.

 

Tout le monde sait que cette nomination de M. El Hadji Kassé à la tête du comité scientifique de la Francophonie est une manière un peu douce de la part du Président de remanier sa cellule de communication…

 

(Il interrompt) Ecoutez, je ne dirai la même chose que vous. Mais, le Président a une obligation de résultats qui ne porte pas simplement sur la politique de développement du pays, mais aussi sur le travail de ses collaborateurs. N’oubliez pas que le volet institutionnel, la restauration de l’Etat et des valeurs de la République était un engagement du chef de l’Etat et on est en train de voir les résultats. Le chef de l’Etat est aujourd’hui attendu sur ce que doit être la Présidence, les institutions de la République, l’administration publique de manière générale. Il a donc, non seulement, le droit, mais aussi le devoir d’évaluer le travail de ses collaborateurs et d’en tirer les conséquences. Et je vous garantis que ceux qui ont choisi de l’accompagner dans le service de l’Etat devront s’atteler à s’acquitter convenablement de leurs missions ou s’attendre à être remplacés à leurs fonctions. Qui qu’ils puissent être et quels que puisse être leur niveau de responsabilités. Je connais assez bien le Président pour pouvoir vous affirmer cela.

 

Sur ce plan-là, vous conviendrez sûrement avec moi que la communication présidentielle ou gouvernementale présente de réelles défaillances. Les communicants de l’opposition ont largement le dessus sur les communicants du régime…

 

(Il avoue) Oui, oui ! C’est une opinion que je partage. J’avoue qu’il y a de réels problèmes dans la  communication de la Présidence, dans la communication étatique de manière générale. Mais quelles en sont les causes ? Je pense que ça nécessiterait un travail beaucoup plus sérieux, beaucoup plus rigoureux passant par un exercice de diagnostic qui pourrait identifier les facteurs. Mais, c’est vrai, on constate les manifestations de ces défaillances. Si effectivement une mesure de baisse d’impôts sur le revenu des travailleurs qui touche des centaines de milliers de travailleurs, dont les salaires ont conséquemment augmenté, si un tel acte est relégué à la périphérie de l’actualité au profit d’un mouvement de personnel dans le cabinet du Président, c’est parce que, quelque part au sein de l’Etat, la gestion de l’information et de la communication pose problème. En matière gouvernementale, la communication, entre autres fonctions, doit favoriser la gestion de l’opinion dans ses préférences et ses perceptions. Il ne s’agit pas simplement de dire on a bien travaillé. Il est surtout important que les populations mandantes adhèrent elles-mêmes à l’idée que les dirigeants qu’elles ont choisis librement et qu’elles ont le pouvoir de changer, ont bien travaillé et ont justifié le choix porté sur eux. Et cela, il est du domaine de la communication de l’établir en valorisant les actions du gouvernement et en réduisant tous les facteurs de pollution susceptible d’altérer leur visibilité d’autant plus qu’on est dans un contexte de démocratie d’opinion et dans un environnement concurrentiel où d’autres acteurs publics, légitimement, oeuvrent à dévaloriser l’action des gouvernants. Il est de la responsabilité de ces gouvernants de veiller à ne pas se laisser dominer sur le terrain de la construction des enjeux et de leur hiérarchisation. Lorsque les faits divers de la République prennent le centre de l’actualité au détriment des actes de gouvernance de haute portée, comme on le voit présentement, cela pose problème. Cela veut dire que les gouvernants sont victimes de ce qu’on appelle en communication l’effet d’agenda, c’est à dire une hiérarchisation défavorable des préoccupations publiques. Aussi paradoxale que cela puisse paraître, le changement de secrétaire du Président mobilise plus d’intérêt dans le débat public que le sacre par Green Peace de la politique de protection des ressources halieutiques nationales initiée par le Président de la République. Et ce n’est pas la faute aux médias, mais à ceux qui n’ont pas pu rendre suffisamment attractifs et intéressants leurs propres actions aux yeux des médias.

Il y a quelques jours, je discutais avec l’une des voix les plus autorisées en matière de fertilisants agricoles dans ce pays. Il m’a dit : «Est-ce que vous savez que, pour la campagne qui vient de s’écouler, l’Etat du Sénégal a commandé 70 mille tonnes d’engrais ?» Surpris, je lui ai répondu : «Non, je ne savais pas.» Il a ajouté : «La dernière fois que l’Etat a commandé 70 mille tonnes d’engrais, c’était sous le régime du Président Senghor. Ni sous Diouf, ni sous Wade, on n’a jamais atteint ce volume». Moi, je n’en revenais pas. Car je n’ai jamais entendu un officiel révéler cette information en la plaçant dans sa perspective favorable. Et des exemples comme ça, il y en a beaucoup qui passent inaperçus. Au même moment on fait les choux gras sur des choses qui ont, à mon avis, relèvent des faits divers de la République.

 

Est-ce que le chef de l’Etat en est vraiment conscient ?

 

Je crois qu’il en est conscient. Maintenant, c’est au niveau de l’attribution qu’on pourrait peut être se méprendre si on va vite en besogne. Car la communication est un métier très ingrat. Ce n’est pas parce qu’il y a des problèmes que c’est forcément la faute des communicants. Est-ce que le cadre organisationnel pour une communication de qualité est en place. Est-ce que les personnes auxquelles on a confié la mise en œuvre de la communication sont mises dans les bonnes dispositions pour la porter convenablement. Il y a beaucoup de points d’interrogation et je me refuse de procéder à des attribution, de faire porter le chapeau à qui que ce soit. Je constate simplement qu’aujourd’hui le problème majeur que l’Etat a, c’est la communication. Ils ont perdu la bataille de la communication, et là où le Président de la République à des points de crédibilité, les autres sont parvenus à reléguer ces questions d’enjeux à la périphérie et ont imposé, en priorité, dans le débat public des questions à intérêt négligeable, mais sur lesquelles le Président peut être mis en difficulté. Ou alors, on agit négativement sur les critères d’appréciation de situations qui, en elles-mêmes, ne sont pas défavorables aux gouvernants, mais qui deviennent finalement du passif parce que les jugements de l’opinion ont été négativement influencés. C’est le cas avec ce qu’on appelle la traque des biens mal acquis qui était une demande populaire, et qui est en train de se retourner contre le gouvernement parce que les détracteurs de la pratique ont pu asseoir des critères d’appréciation défavorables aux initiateurs.

 

La réalité aussi, c’est que l’espoir suscité par Macky Sall au lendemain de son élection à la magistrature suprême a laissé place à un lendemain de gueule de bois ?

 

Je ne suis pas d’accord avec vous. C’est peut-être parce qu’aussi on ne se trouve pas au même poste d’observation. En plus, j’ai eu le privilège de connaître l’homme Macky Sall, d’avoir eu à partager sa vision politique, son projet de société, à une époque où rien ne nous garantissait qu’il serait un jour ou l’autre Président de la République du Sénégal. On a beaucoup échangé, beaucoup discuté et progressivement je me suis structuré une idée sur ce qu’il voudrait bien faire pour ce pays-là et de ce pays-là, s’il avait un jour l’honneur de le présider. Donc rien dans tout ce qu’il est en train de faire ne me surprend parce que j’en étais informé d’avance. Peut-être mieux que beaucoup de ses compagnons politiques. Moi je ne milite pas dans son parti, je ne suis pas non plus en fonction dans les institutions publiques. Nos rapports sont totalement privés. Malgré cela, je soutiens son action sans réserve, parce que je crois en lui et parce qu’aussi c’est mon ami, et l’éthique de l’amitié me commande d’être dans des dispositions où il puisse compter sur moi en toutes circonstances. Ce n’est parce qu’il est président de la République. J’ai d’autres amis qui ne sont pas chefs d’Etat et j’ai exactement le même type de rapports avec eux (…) Pour ce qui est de l’action du Président depuis qu’il a été élu, je suis conforté dans les espoirs que je nourrissais en lui. Je vois quelqu’un qui a une vision et surtout l’audace nécessaire pour remettre en cause l’ordre des choses, parfois même dans leurs fondamentaux. Ce qui se passe actuellement au Sénégal, c’est qu’il y a un processus de changement presque révolutionnaire qui, évidemment, dérange beaucoup. Et c’est de notoriété publique que quand des changements interviennent dans un environnement social, ils suscitent toujours méfiance et réactions d’hostilité.  Parce qu’ils créent une situation de pertes de certains acquis.

 

On comprend tout cela, mais pour les Sénégalais le problème est dans le processus parce qu’il est trop lent…

 

(Il interrompt) Ce qu’il faut se demander, c’est combien de temps a été mis pour conduire le pays dans la situation regrettable dans laquelle il se trouve. C’est cela la question fondamentale. Tout processus nécessite un délai de maturation. Je pense qu’en raisonnement simple, un Président de la République qui prend fonction au mois d’avril, en cours d’exercice budgétaire, quelque soit sa volonté politique, il ne peut pas faire beaucoup de choses. Quand un Président est élu et se retrouve avec un budget qu’il n’a pas conçu, qu’il n’a pas fait voter, il est à plus 80% handicapé dans la mise en œuvre d’un quelconque programme. Et pour l’année 2012, ce n’est pas le Président qui me l’a dit, mais c’est dans la presse que j’ai lu que l’ancien Président (Abdoulaye Wade), en 4 mois d’exercice budgétaire avec son équipe, avait épuisé presque tout le budget de l’année 2012. Donc vous voyez la situation dans laquelle le Président Macky Sall a exercé la première année de son mandat, malgré tout, il a fait d’énormes résultats, de grandes avancées dans tous les domaines.

 

En quoi peut-on s’attendre pour 2013 de la part du Président de la République ?

 

La poursuite de la mise en œuvre du programme politique (Yonnu Yokkuté (la voie du développement, Ndlr) pour lequel il a été élu. Renforcement des institutions, davantage d’orthodoxie dans la gestion des ressources publiques, l’amélioration globale du cadre et des conditions de vie de tous les Sénégalais etc. A un moment donné, j’ai entendu les gens dire que l’argent ne circulait plus, mais tout le monde sait ce qui s’est passé. Aujourd’hui, vous n’entendez plus au Sénégal des mallettes d’argent remises à des gens. C’est fini ça ! Parce que c’est une simple position de principe de la part du Président. Pour lui, l’Etat n’est pas la pour distribuer de l’argent à des personnes, qui qu’elles soient et quel que soit leur statut social. Je sais qu’il y a beaucoup qui lui en ont voulu et qui en veulent toujours au Président, mais cela ne le surprend pas, et ne le déstabilise pas. Au-delà des adversaires politiques légitimes du Président, ces anciens privilégiés participent beaucoup à l’entretien du discours catastrophiste sur la situation nationale. Dans cette perspective, 2013 sera aussi une année de critiques, d’injures, d’attaques personnels etc. Il faut s’attendre à un débat politique beaucoup plus tendu, parce qu’il y a encore parmi ces gens-là, beaucoup qui détiennent encore des privilèges indus auxquels le Président va s’attaquer. Et je vous l’affirme, aucune agitation, aucun bruit ne le détournera. Le Président n’est pas quelqu’un qui dort en rêvant de 2017 et de ce que sera le comportement de l’électorat. Non, il n’est pas dans ça ! Il m’a dit un jour : «Le mandat présidentiel n’est pas une finalité, c’est un instrument pour pouvoir transformer en réalité concrète une vision. Si je ne peux pas mettre en œuvre les choses pour lesquelles j’ai été élu, il vaut mieux renoncer au mandat.» Voilà la mentalité du Président Macky Sall. Que personne ne s’y trompe !

 

Réalisé par

Pape Sambaré NDOUR

 

(Source : L’Observateur 2812 du lundi 04 février 2013)

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