Asmara, « ville moderniste de l’Afrique » couronnée par l’Unesco

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Asmara, capitale de l’Erythrée.

Les Erythréens ont toujours soutenu qu’il n’y avait pas en Afrique une autre ville comme leur capitale Asmara et l’Unesco a confirmé leur sentiment en l’inscrivant samedi sur sa liste du patrimoine culturel mondial.

La décision, annoncée à Cracovie, où le Comité du patrimoine mondial est réuni, couronne un long effort des autorités érythréennes pour faire reconnaître par la communauté internationale l’architecture unique de la ville.

Celle-ci possède notamment un bowling art-déco avec des fenêtres aux vitres de couleur et une station-service qui ressemble à un avion en train de s’élever dans les airs.

Premier site érythréen inscrit au Patrimoine mondial

Il s’agit de la première inscription d’un site érythréen sur la liste du Patrimoine mondial.

« La reconnaissance de la ville comme un site du patrimoine d’une valeur universelle exceptionnelle nous remplit d’une immense fierté et de joie, mais aussi d’un sens de responsabilité et de devoir », a déclaré la déléguée permanente de l’Erythrée auprès de l’Unesco Hanna Simon, invitant « le monde entier » à visiter Asmara.

C’est une bonne nouvelle pour le pays de la Corne de l’Afrique dont l’image est mauvaise en Europe, qui voit débarquer sur ses rives un grand nombre de migrants érythréens fuyant la répression chez eux.

Marquée par la présence italienne depuis 1869, intégrée dans l’Afrique orientale italienne en 1936, l’Erythrée fut une colonie jusqu’en 1941, sous la dictature fasciste de Benito Mussolini, et l’architecture futuriste d’Asmara remonte en grande partie à cette époque-là.

« Petite Rome »

Des architectes dont les projets ne trouvaient pas preneur dans les villes conservatrices d’Europe avaient migré vers Asmara. A l’époque, la moitié de ses habitants étaient Italiens et on l’appelait « Piccola Roma » ou « Petite Rome ».

Les bâtiments modernistes des autres villes érythréennes ont été détruits au cours de la longue guerre de libération contre l’Ethiopie. Ceux d’Asmara y ont survécu et la ville a été déclarée en 2001 monument national par le gouvernement qui l’appelle « Cité de Rêve » de l’Afrique.

Mais les efforts pour restaurer les façades de marbre et les piliers à la romaine des théâtres et des cinémas se sont heurtés au manque de fonds et de main d’oeuvre qualifiée, reconnaissent les autorités municipales.

Le délégué permanent du Liban, Khalil Karam, tout en se félicitant de la décision de l’Unesco, a évoqué la « sous-représentation de l’héritage moderne en Afrique », suggérant que le quartier italien de Benghazi – si la situation en Libye se stabilise – et Casablanca, soient les prochains sites sur la liste des candidats.

Le Comité du patrimoine mondial a inscrit auparavant samedi matin une autre « première » africaine en plaçant sur la même liste le centre de la ville angolaise de Mbanza Kongo, ancienne capitale du royaume du Kongo.

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