Interdit d’inscription sur les listes électorales, condition sine qua non de sa participation à la Présidentielle 2019, Karim Wade comprend, in petto, l’incertitude qui entoure sa candidature ou même la certitude qui sur laquelle repose sa non-participation. Toutefois, il a conscience de ce que sa présence dans le pays est grosse de sens et peut même s’avérer politiquement payant. Même si ce n’est pas dans un futur proche… C’est pourquoi malgré la menace du pouvoir, de le jeter en taule aussitôt après son atterrissage, Karim Meïssa Wade, est décidé à poser ses valises au Sénégal dans les semaines à venir à Dakar. Jugé puis condamné, le 23 mars 2015, par une juridiction d’exception, pour enrichissement illicite, Karim Wade a bénéficié d’une grâce présidentielle et forcé de s’exiler au Qatar. Mais l’ambition à lui prêtée de vouloir être président du Sénégal est, elle, resté intacte. On ne la lui prête même plus , c’est qu’il a fait son coming-out politique après le magistère de son père,au plus fort même de sa poursuite par la Cour de répression de l’enrichissement illicite. La présidentielle approchant, quoiqu’en vertu de la loi il a perdu ses droits civiques et politiques, l’ancien super ministre rêve de rentrer au bercail. Mais le régime du président Sall qui n’a pas intérêt qu’il soit dans ce pays alors que la présidentielle se prépare, a déjà dit et redit que si Karim pose les pieds à Dakar, il sera illico reconduit en prison à moins d’avoir payé sa dette de 138 milliards de francs CFA au Trésor public. C’est cette épée de Damoclès qui est agitée pour dissuader Karim Wade de fouler le sol sénégalais. «Quand il (Karim-ndlr) arrivera au Sénégal, il faudra qu’il passe au Trésor pour payer les 138 milliards. Il n’a pas le choix parce que c’est la procédure. Il doit payer ou purger la peine», a prévenu Ismaila Madior Fall, le ministre de la Justice, Isamaïla Madior Fall, dans l’émission « Toute la vérité » de la Sen Tv. Mais cette menace n’a pas l’air d’inquiéter outre mesure Karim Wade qui entend bien braver l’interdiction. Il faut bien plus pour freiner Wade junior. Annoncé en novembre, les rumeurs de sa venue se font de plus en plus persistantes après plusieurs annonces précédentes. Si Karim brave la volonté de Macky Sall de le tenir à distance, s’il est prêt à rentrer pour se jeter dans la gueule du loup, c’est qu’il y a un enjeu politique important. Même s’il ne peut participer la présidentielle, le simple fait d’être dans le pays est un acte fort. Cela va cristalliser l’attention sur lui. Qu’il soit libre ou privé de liberté, il va drainer les foules, provoquer des rassemblement, doper ses partisans et ravir la vedette à Macky Sall. Ce sera un test de sa réelle popularité, de son poids politique. Cette venue permet au Parti démocratique sénégalais (PDS) d’être au-devant de la scène et du coup, c’est une bonne opération de communication politique. Et s’il entre en prison comme le lui promet les hommes forts du régime, il pourrait en récolter les bénéfices dans le futur. Il pourrait gagner la sympathie de bien des Sénégalais. Le candidat hypothétique des libéraux se faisant passer pour une victime du régime, il pourrait ainsi avoir une partie de l’opinion avec lui. Ainsi, Karim Wade empruntera la trajectoire de certains hommes politique, dont son père qui ont passé par la case prison avant de se retrouver au sommet de l’Etat. Sauf que pour beaucoup, la raison pour laquelle ils se sont retrouvés en prison est exclusivement politique, pas de crime financier ou d’enrichissement illicite. Un trouble-fête politique En réalité Karim Wade rentre au pays comme trouble-fête, en empêcheur de tourner en rond. Alors que la majorité entend bien faire sa fête (préparation sereine de la Présidentielle) sans avoir en face Karim Wade ou Macky Sall. De ce point de vue, il faut bien que Karim prenne au sérieux la menace des autorités, étant entendu qu’elles agissent au nom de la loi. Et comme aussi le régime n’a nulle envie de voir un Karim Wade se dresser sur son chemin en direction des échéances de 2019, il usera et abusera de la loi pour caser Karim Wade à Rebeuss pour avoir la quiétude. Ces jours-ci une information fait état de ce que Karim Wade se rendra en Guinée parce que le Premier ministre de ce pays, Ibrahima Kassory Fofana, est un ami de trente ans de Karim. Si cela est vrai ça aura le mérite de ne pas plaire au président Sall dont les relations avec son homologue Alpha Condé de Guinée, ont du mal se réchauffer réellement. C’est depuis le mois de mai que le journaliste Babacar Justin Ndiaye, avait annoncé sur Dakaractu, la venue en Guinée de Karim Wade mais depuis, il ne s’est rien passé. S’il est vrai que Karim Wade ira réellement en Guinée ces temps-ci, on se demande bien pour qu’elle raison ? Est-ce parce que pèse sur lui une menace d’incarcération à sa descente d’avion à Dakar, qu’il veut d’abord se poser à Conakry pour tâter le pouls de Macky avant d’oser franchir la frontière ? Nous ne serons donner réponse à cette interrogation. Noël Sambou

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