« La croissance devrait rester vigoureuse en 2018. Elle devrait dépasser 6 % pour la cinquième année consécutive, portée par l’investissement public et privé. La croissance est forte dans les secteurs de la construction et des services, mais a été freinée, dans le secteur agricole par une pluviométrie tardive. L’inflation sur la période de 12 mois prenant fin en septembre était inférieure à 1 % et devrait rester faible pour le reste de l’année 2018. » « La mise en œuvre du programme au premier semestre de 2018 a été globalement satisfaisante. Si la plupart des objectifs quantitatifs ont été atteints à fin juin, l’objectif fixé pour le déficit budgétaire a été réalisé en partie grâce à l’exécution plus lente que prévu des dépenses publiques pour compenser la moins-value importante constaté sur les recettes intérieures. 

 Recours excessif aux offres spontanées

Par ailleurs, le plafond relatif à la part de la valeur des contrats du secteur public signés par entente directe n’a pas été respecté depuis décembre 2017 en raison principalement des offres spontanées. » « Cependant, les pressions se sont accumulées rapidement dans le secteur budgétaire au cours des derniers mois. Il est maintenant prévu que les recettes seront inférieures de 0,9 % du PIB à l’objectif fixé pour décembre 2018. 

La hausse des prix mondiaux du pétrole, couplée au maintien de la stabilité des prix de l’énergie au niveau intérieur, continue à peser sur les dépenses courantes, et un financement élevé de SN La Poste par le Trésor a encore contribué à une situation budgétaire très difficile. Cela a conduit à une accumulation d’obligations non remplies envers le secteur de l’énergie et à des impayés vis-à-vis de fournisseurs et autres opérateurs économiques. Pour atteindre les objectifs budgétaires fixés pour décembre 2018 dans le cadre du programme ISPE, des efforts budgétaires considérables seront nécessaires. Les autorités ont accepté de réduire sensiblement les dépenses d’équipement financées sur ressources intérieures qui ne sont pas urgentes et les dépenses courantes hors salaires afin de respecter l’enveloppe budgétaire convenue. »

 

La Poste mise à la diète

« Pour limiter les pressions sur le budget et les risques pesant sur l’achèvement de la revue, les autorités ont accepté de renforcer sensiblement la gestion des finances publiques i) en limitant de manière permanente le financement de SN La Poste par le Trésor et ii) en cessant d’utiliser diverses lettres budgétaires qui engagent l’administration centrale pour ce qui est de dépenses au-delà de l’exercice en cours ou de dépenses exécutées en dehors du budget. » 

 « La plupart des réformes structurelles pour la septième revue ont été mises en œuvre. Cependant, des retards ont été observés dans la mise en place du paiement des impôts au moyen des téléphones portables, et un progrès limité a été accompli dans la mise en œuvre du plan d’action visant à réduire les dépenses fiscales. » « Le projet de loi de finances 2019 cadre avec l’objectif de déficit budgétaire de 3 % du PIB fixé à l’échelle de l’UEMOA. Cependant, l’atteinte de cet objectif représente un défi étant donné la faiblesse récente des recettes et l’incidence négative de la persistance des prix mondiaux élevés du pétrole sur les finances publiques. 

Accroître la part de la dette intérieur dans le total de la dette

 « Sur le moyen terme, les autorités doivent établir une stratégie en matière de politique fiscale et d’administration des recettes qui permettra d’atteindre à moyen terme l’objectif de 20 % fixé par l’UEMOA pour le ratio recettes fiscales sur PIB. Elles doivent aussi mettre en place un cadre de gestion de la richesse pétrolière et gazière conforme aux meilleures pratiques internationales et visera à limiter la procyclicité de la politique budgétaire. La stratégie de gestion de la dette doit viser à accroître la part de la dette intérieure dans le total de la dette et à recourir à des emprunts concessionnels autant que possible. » 

 « La deuxième phase du Plan Sénégal Émergent (PSE) s’attaque aux obstacles structurels à la pérennisation de la croissance vigoureuse qui a été enregistrée récemment. Les autorités mettent en œuvre des mesures visant à renforcer l’exécution des principales réformes figurant dans le PSE, notamment de développer le secteur financier et d’améliorer l’apport de crédit aux petites et moyennes entreprises, de réduire les coûts de l’énergie et de simplifier l’administration fiscale, afin d’améliorer le climat des affaires et de permettre au secteur privé de tirer durablement la croissance. » 
« La septième revue du programme ISPE devrait être examinée par le conseil d’administration du FMI en janvier 2019. » La mission a rencontré le Président de la République, Macky Sall, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Amadou Ba, le ministre du Pétrole et de l’Énergie, Mansour Elimane Kane, le directeur national de la BCEAO, Ahmadou Lo, et d’autres hauts fonctionnaires, ainsi que des partenaires au développement et des organisations de la société civile. La mission tient à remercier les autorités de leur étroite collaboration et du climat d’ouverture qui a régné pendant les entretiens. »

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