De l’urgence de sauvegarder la cohésion nationale (Par Papa Ibrahima Diassé)

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Veille d’élection présidentielle au Sénégal, moment fatidique! Notre pays est dans une impasse sans issues; tenaillé entre les échos de voix non autorisées et un silence coupable de voix crédibles causés par des adversités politiques sans précédents qui grimpent, jonchées de l’excès de passion, vers le sommet et qui écornent son image. Il s’est alors laissé entraîner dans le gouffre, ces dignes fils se sont égarés. Et nous voilà subitement plongé dans le trou profond de l’obscurantisme politique, de l’ignorance électorale et du combat antidémocratique. À en juger les faits, on dirait que c’est la première fois que notre chère nation connaît des élections, qu’elle est tout à fait novice en la matière, balbutie encore et peine à dépasser la phase embryonnaire dans ce processus pourtant long et pénible. Nous nous y prenons mal, avançons de manière infernale sans jamais évoluer sur le chemin de notre destin commun, devenu sinueux et rendu impraticable par les ambitions personnelles et la peur de voir échouer sur des terres incertaines les lendemains. Le pétrin dans lequel nous nous sommes engouffrés en réalité, est un cercle vicieux qui déshonore nos symboles intrinsèques et notre histoire dont le legs si immense continue de nous couver. Nous nous livrons entre nous mêmes une bataille perdue à tous les niveaux. C’est dire que nous sommes en train de payer à vil prix ce que nous avons produit à prix fort des décennies durant. L’internet est devenu par excellence le champ de guerre et le haut lieu d’échanges de toutes les atrocités et les tortures. Un spectacle désolant y est servi comme menu du jour. Et nous consommons sans modération ce plat empoisonné à nos risques et périls. Les camps protagonistes se radicalisent au fur et à mesure que l’on s’achemine vers le 24 février et des groupuscules de frustrés émergent du lot. Ici, on se braque. Là bas, on vilipende et dénigre, mettant en avant des esprits mesquins qui amplifient leurs malencontreuses manigances. Le système dont nous sommes otage nous dépasse et pire nous en rajoutons inutilement à notre dépens. Cela démontre que la politique nous étrangle et asphyxie notre quotidien au point de laisser évaporer la quintessence de notre matière et sucer toute notre substance. Au bout du compte, plus de source ni de ressource, notre existence n’a donc plus de sens. Elle est réduite au détail loin de toute structuration. La chaîne de notre fibre patriotique est cisaillée en mille morceaux dégradant notre solidarité d’antan et affectant nos valeurs culturelles fondamentales. Refusons ce destin médiocre en déchirant cette page et en recréant notre propre histoire. Faisons en sorte de ne point nuire aux lourds sacrifices consentis sur les champs de bataille par nos résistants et anciens combattants; et de ne guère salir la façade si reluisante, et fièrement construite par nos aïeux. Une élection présidentielle est une simple étape dans la longue et périlleuse marche d’une démocratie, la recherche du bonheur collectif, et non le contraire. Elle ne doit nullement prendre le dessus sur la cohésion sociale. Notre destinée commune est un patrimoine à préserver dans la concorde, l’entente, l’union des cœurs et la communion des esprits. Nous avons le devoir de faire mieux, mais malheureusement on risque de reproduire la copie de 2012, car les scenarii présentent les mêmes contours et leurs contenus sont quasi interchangeables. En définitive, les années passent, les événements s’égrainent, mais les souvenirs et les perspectives, presque similaires, se télescopent. Le drapeau de la démocratie est en berne plus rien, à part des considérations infondées et puériles, et la méfiance, ne vaille. La société reflet d’elle même est envahie par des symptômes qui souillent son tissu de cohésion, de quiétude et de stabilité. Et le tort nous revient à tous par le fait d’avoir accepté que la politique soit la pierre angulaire du débat public fut-il en période électorale. Papa Ibrahima Diassé

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