Les conséquences du départ des rebelles syriens de la frontière libanaise

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mediaDes enfants syriens manifestaient pour la levée du siège des villes de Madaya et Zabadani, devant le quartier général de l’ONU à Beyrouth, le 26 décembre 2015.

Après avoir conquis, au début du conflit syrien, une grande partie de la frontière syro-libanaise, les rebelles n’ont plus aucune présence significative dans cette région, cinq ans plus tard. Soutenue par le Hezbollah libanais, l’armée syrienne a repris, une à une, les villes et les localités contrôlées par la rébellion, imposant par la force militaire l’évacuation de milliers de combattants et de leurs familles vers d’autres régions de Syrie.

De notre correspondant à Beyrouth,

Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a annoncé, jeudi 11 mai 2017, le démantèlement des positions militaires de son parti à la frontière orientale du Liban. Cette annonce est liée au fait que les rebelles ne sont plus présents dans cette région.

Depuis qu’il a officiellement reconnu que ses hommes combattaient aux côtés de l’armée syrienne, en 2013, Hassan Nasrallah a toujours annoncé, dans ses discours, un plus grand engagement militaire du Hezbollah sur le terrain syrien. C’est la première fois qu’il évoque un retrait de troupes déployées en Syrie. Ce désengagement a été rendu possible après les changements importants survenus depuis le début de cette année, dans la zone s’étendant de l’ouest de Damas à la frontière libanaise.

Il y a eu d’abord la reconquête par l’armée syrienne et ses alliés de la région de Wadi Barada, qui alimente Damas en eau, fin janvier 2017. Plus récemment, les rebelles ont évacué Zabadani, Madaya, Serghaya et trois autres localités, situées entre 10 et 15 kilomètres de la frontière avec le Liban. Les insurgés n’ont plus aucune présence dans la région allant de la Méditerranée à la frontière orientale du Liban, soit une longueur de 130 kilomètres. Par conséquent, les bases et les positions militaires du Hezbollah installées dans la région dite du Qalamoun occidental, c’est-à-dire les montagnes frontalières à l’ouest de Damas, n’ont plus aucune utilité.

Des jihadistes totalement encerclés à la frontière libanaise

Pourtant, plusieurs milliers de jihadistes sont encore présents dans les montagnes d’Ersal, entre le Liban et la Syrie. Des combattants du groupe Etat islamique et de l’ex-branche d’Al-Qaïda en Syrie contrôlent toujours un maquis de 300 kilomètres carrés, situé à cheval entre les deux pays. Mais ces jihadistes, dont le nombre est estimé entre 2 000 et 4 000, sont totalement encerclés.

Du côté syrien, l’armée gouvernementale et ses milices supplétives leur bloquent toutes les voies d’approvisionnement. De l’autre côté, l’armée libanaise déploie près de 5 000 hommes, dont des troupes d’élite, appuyés par des systèmes d’artillerie récemment livrés par les Etats-Unis. Selon des sources militaires à Beyrouth, l’armée libanaise s’apprête à lancer une vaste offensive pour déloger les jihadistes des positions qu’ils occupent encore au Liban.

Campagne libanaise pour renvoyer en Syrie une partie des réfugiés

L’arrêt des combats dans les zones frontalières pourrait encourager une partie du million et demi de réfugiés syriens installés au Liban à regagner leurs villes et villages. C’est, en tout cas, ce qu’espère le gouvernement libanais. Beyrouth mise beaucoup sur les « zones de désescalade » qui devraient être établies dans quatre régions de Syrie, conformément à un accord conclu entre la Russie, la Turquie et l’Iran. Des sources gouvernementales libanaises affirment que 80% des réfugiés accueillis par le Liban sont originaires des quatre régions concernées par l’accord d’Astana: Idleb, le Nord de Homs, la Ghouta orientale de Damas et Deraa.

Beyrouth compte lancer une campagne de lobbying pour obtenir un soutien international à sa demande de renvoyer chez eux une partie des réfugiés. Le Premier ministre libanais a d’ailleurs donné le coup d’envoi, dimanche 14 mai 2017, à cette campagne. En déplacement au Qatar, Saad Hariri a déclaré que « le développement économique du Liban est confronté à […] la présence d’un million et demi de déplacés syriens et d’un demi-million de réfugiés palestiniens sur le territoire ». « L’État et la société civile ont rempli leurs devoirs et leurs obligations. Mais le Liban ne pourra continuer à faire face, seul, aux répercussions de cette crise », a-t-il dit.

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