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mediaDominik Stillhart, directeur des opérations du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), durant une visite d’un hôpital de Sanaa, le 14 mai 2017.

Ravagé par la guerre depuis plus de deux ans, le Yémen doit maintenant faire face au choléra, qui a déjà fait 116 morts en deux semaines. Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le pays est devenu l’une des plus grandes urgences humanitaires. Sur place, la situation sanitaire est catastrophique.

Le choléra se répand rapidement au Yémen. Selon le directeur des opérations du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) présent dans la capitale, à Sanaa, il a déjà fait plus de 100 morts en deux semaines. Dans ce pays pauvre, où les infrastructures hospitalières ont été fortement endommagées par deux ans de guerre et où la qualité de l’hygiène s’est fortement dégradée, l’afflux des malades, souffrant de diarrhées et de vomissement, dépasse de loin les capacités d’accueil des centres hospitaliers.

« Le ministère de la Santé au Yémen dit avoir décelé 8585 cas de choléra, qui ont à cette date causé 116 décès. La situation est très difficile, sachant que, avec les fortes pluies qui ont eu lieu ces derniers jours, ça ne s’améliore pas, explique la porte-parole du CICR Marie-Claire Feghali. On sait aussi que les installations d’assainissement ne fonctionnent pas. En plus de tout ça, il y a des déchets qui ne sont pas collectés depuis très longtemps dans les rues de Sanaa, mais aussi dans presque tout le Yémen, et ça ne fait qu’aggraver la situation. On est en train de travailler avec les autorités, avec nos équipes, sur la prévention. Mais malheureusement, à part la prévention et l’aide à l’amélioration des conditions d’hygiène, on ne peut pas faire grand-chose. »

Un risque d’épidémie

En effet, la situation a empiré la semaine dernière avec une grève des éboueurs. Des tas d’ordures nauséabondes ont jonché pendant plusieurs jours les rues et les places de la capitale, contribuant à la dégradation de l’hygiène dans la ville. Si cette grève a pris fin, un responsable local de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Jameel Nashir, a appelé les habitants à soigner leur « hygiène personnelle » et à prendre « conscience de la dangerosité de la maladie » : « ils devraient utiliser de l’eau provenant de sources sûres et éloignées des zones polluées ». Dans une ville où le robinet ne coule dans certains quartiers qu’un jour par mois, les quelques 2 millions d’habitants dépendent des forages privés qui puisent l’eau dans des nappes phréatiques en voie d’épuisement et la revendent dans des camions-citernes.

« Si les conditions continuent comme aujourd’hui, avec les difficultés qu’on trouve, avec les systèmes d’assainissement qui sont complètement détruits, il est très difficile de ne pas envisager une épidémie dans le futur, regrette Marie-Claire Feghali. Aujourd’hui on peut parler de recrudescence très importante de cas de choléra et la situation ne s’améliorant pas, on peut imaginer dans le futur, peut-être, une épidémie. »

L’OMS classe désormais le Yémen comme l’une des plus grandes urgences humanitaires de la planète avec la Syrie, le Soudan du Sud, le Nigeria et l’Irak.

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