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Au sein de la famille « Rewmiste », la bataille pour la succession d’Idrissa Seck est déjà ouverte. Une lecture du docteur en sociologie et diplôme en sciences politiques, Abdou Khadre Sanoko.

Rewmi d’Idrissa Seck traverse une mauvaise passe avec ses démissions de responsables qui se succèdent. Des démissions que nombre d’observateurs de la scène politique expliquent par des problèmes de positionnement ou de frustration, surtout avec le cas de l’ex-parlementaire Thierno Bocoum. Malgré le travail qu’il a abattu lors de la dernière législature, il a été évincé au profit du numéro 2 du parti Rewmi, Déthie Fall. Lequel, on se rappelle, représentait son parti aux opérations d’investiture de la coalition Manko Taxawu Senegaal.

Une perception qui semble aujourd’hui sonner faux, cédant la place à une autre grille de lecture, celle du secrétaire permanent de ladite formation politique, Samba Thioub. S’expliquant sur les raisons de sa décision, il déclare : « Des gens pour assouvir leur folle et réductrice ambition de succéder à Idrissa Seck à la présidence du parti Rewmi, traduite par la mise en œuvre d’une machiavélique entreprise de faire le vide autour du président, ont tenté de me pousser à faire une déclaration contre le frère démissionnaire ».

Comme qui dirait qu’au sein de la famille « Rewmiste », la bataille pour la succession d’Idrissa Seck est déjà ouverte. Une nouvelle lecture que n’écarte pas, d’ailleurs le docteur en sociologie et diplômé en sciences politiques Abdou Khadre Sanoko. Pour ce dernier, cette lecture s’avère la bonne. Et selon lui, force est de reconnaitre que Idrissa Seck est le premier responsable de la situation pour avoir fixé un délai par rapport à sa retraite politique. Car rappelle-t-il, lui-même avait dit que s’il n’arrivait plus à gagner Thiès, il ne se représenterait plus pour briguer les suffrages de n’importe quel citoyen sénégalais.

Plus tard, il avait dit que quand il aura 60 ans, il raccrocherait et ferait autre chose que de s’intéresser à la politique. Sans compter que le constat unanime laissait entrevoir qu’Idrissa Seck donne l’impression de s’intéresser plus à ses propres affaires qu’à la prochaine présidentielle. « Il n’est jamais là, il ne fait pas le combat et même pour son discours politique, il semble avoir mis de l’eau dans son thé », ironise le sociologue, qui arrive à la conclusion que c’est comme si Idrissa Seck n’a plus d’ambition présidentielle.

« Il n’est pas dans la peau de quelqu’un qui veut être président de la République. Il est trop conciliant, n’occupe plus le terrain politique et les Sénégalais ne le sentent pas. Cela peut être de nature à aiguiser l’appétit des jeunes loups aux dents trop longues et déclencher en conséquence, une guerre fratricide de succession avant la lettre », dit-il.

Cependant et malgré cette vague de démissions, une lecture de l’histoire politique permet de se rendre compte que ce qui se passe aujourd’hui à Rewmi, n’est pas inédit. Tous les grands partis de ce pays ont connu cette mauvaise passe. C’est un mal extrêmement profond qui n’épargne aucune formation politique du pays. Parce qu’il n’y a pas de dialogue en interne, ce sont trois ou quatre personnes qui discutent entre elles et qui imposent leur point de vue à une majorité qui suivent de manière mécanique.

Il faut aussi comprendre que, quelles que puissent être les raisons de ces remous au sein du parti Rewmi, frustration, guerre de positionnement ou de succession, en politique la perception de Machiavel ne changera jamais. «En politique celui qui laisse ce qui se fait, apprend à se perdre plutôt qu’à se conserver », écrit le philosophe.

Pour dire que les réalités et principes de la politique exigent que ceux qui la font dans un cadre institutionnel comme les partis politiques, puissent avoir des retombées. Les gens trouvent des prétextes pour expliquer certaines décisions, mais la vérité est qu’à un moment donné, ils sont, malgré leur engagement, confrontés à des besoins existentiels. Aussi les leaders des partis politiques doivent comprendre qu’au-delà de la confiance, la base a besoin d’être impliquée et de se sentir concernée par tout ce qui se fait, pour ne pas avoir à subir éternellement les effets d’une gestion verticale de leur formation politique.

Source: Walf Quotidien

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