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« Notre pays se trouve à la croisée des chemins. Le mode de dévolution du pouvoir démocratique et pacifique depuis le consensus électoral de 1992 qui avait assuré stabilité politique et paix civile à l’intérieur ainsi que respect et considération à l’extérieur, a été jeté par-dessus bord depuis le référendum de mars 2016.

J’entends dire qu’on ne peut plus voler des élections au Sénégal, mais on peut empêcher 75% des électeurs de Touba de voter. Ils vous diront que ce sont les intempéries de la veille qui l’expliquent. Mais en mars 2016, au référendum, il n’y avait ni hivernage ni intempéries, pourtant ils ont réussi à priver de vote 60 000 électeurs en empêchant plus d’une centaine de bureaux de vote de fonctionner.

Pour mémoire, Touba avait voté non à 80% lors du référendum, ceci explique probablement cela. On ne peut plus voler des élections a-t-on l’habitude de dire, mais on peut rééditer le coût des ordonnances de 1993 pour l’emporter à Dakar de 0,08% sur votre suivant direct, qui revendique à son tour la victoire dans un scrutin fortement contesté », a expliqué le parlementaire libéral.

Pour Mamadou Diop Decroix, le véritable dialogue politique obéit à des règles. Celles-ci ne doivent pas être définies unilatéralement et imposée par l’une des parties. Il s’y ajoute qu’« il doit être modéré par des personnalités consensuelles comme l’a voulu le Président Abdou Diouf en 1991-1992 avec le juge Keba Mbaye ou en1997, avec Pr Ibou Diaité. Ces expériences nous ont donné le code électoral consensuel de 1992. C’est ce qu’on appelle dialogue politique et non les foires d’empoigne auxquelles on assiste aujourd’hui autour du ministre de l’intérieur. On ne réinvente pas la roue. Le model consensuel a donné satisfaction pendant près de ¼ de siècle. Lorsque vous l’avez changé unilatéralement la machine s’est agrippée. Pourquoi donc vouloir persister dans l’erreur.

Si l’appel au dialogue n’est qu’un paravent pour couvrir ce slogan du 2019  » mako ress » (pour rappel, après les élections législatives le Président Sall avait félicité le ministre de l’intérieur d’alors Abdoulaye Daouda Diallo et ses lieutenants, tout en les rassurant qu’il va assurer la présidentielle de 2019), je vous garantis que vous nous trouverez sur votre chemin. Mais au fond de moi-même, je suis convaincu que vous écouterez in fine, celles et ceux qui dans vos rangs et en dehors, ne regardent et ne voient que les intérêts de ce pays qui ne mérite pas d’être plongé dans la tourmente. »

Cheikh Makhfou Diop Leral.net

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