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7807584-12105232Le patron du Parti de l’espoir et du progrès (Pep), Athié Farez adoube l’envoi de soldats sénégalais en Arabie Saoudite. Entre autres sujets, il est revenu sur la création de l’Agence de sécurité et de proximité, la Senelec et la réduction du mandat présidentiel. Entretien.
Quel bilan tirez-vous des 3 ans de gestion du président Sall ?
Le Président Sall a été élu sur la base d’un programme. S’il n’y avait pas d’espoir sur lui, les populations ne l’auraient pas choisi. Toute opération humaine est basée sur de l’espoir. Nous acceptons le verdict des urnes et en même temps, observons son programme de gouvernance, surtout le Pse, qui comporte de bonnes choses. Les attentes sont énormes, mais nous le comprenons, parce qu’il y’avait trouvé un gap important, dont la résorption nécessite du temps.
Pensez que l’actuel gouvernement sera à la hauteur ?
Si le président Macky Sall arrive à résoudre tout ce qu’on attend de lui, on devra changer son prénom et l’appeler «Magie Sall». C’est impossible, surtout en cet espace si court de temps.
Il essuie beaucoup de critiques. Est-il tôt de le juger ?
Oui très tôt même, parce qu’il a engagé plusieurs réformes et cela peut prendre du temps. Il faut arrêter de faire de la politique politicienne. Comment juger un président en 3 ans ? Les ambitions personnelles n’autorisent pas à tirer dans les sens. La politique du ‘’ôtes toi que je m’y mette’’ ne saurait prospérer.

Etes-vous pour ou contre la réduction du mandat présidentiel ?
Il est vrai que le septennat, dans les grandes démocraties, peut paraitre long. Mais les Sénégalais ont porté Macky Sall au pouvoir sur la base d’une Constitution claire et concise. Et nous en plaidons le respect : 7 ans et non 5. Maintenant, s’il veut respecter sa promesse de campagne, on peut respecter son choix. Mais, il va falloir que cette réduction passe par la voie référendaire et non une modification de la Constitution par le législatif. Car, il faut éviter les problèmes de tripatouillage de la Constitution, comme cela se passe ailleurs. La Constitution, c’est notre Bible et notre Coran.
Vous voterez contre la réduction du mandat présidentiel ?
Nous préférons les 7 ans, pour des raisons économiques. Les 6 ou 7 milliards qui seront dépensés pour ce référendum peuvent servir aux soins, à la Cmu ou bien à revaloriser des bourses scolaires etc… Et au prochain rendez-vous électoral, on peut organiser une élection jumelée (Présidentielle et référendum). C’est notre position. Le pays a d’autres priorités. Il y’a des variations internationales sur des finances et les équilibres macroéconomiques sont instables. Laissez Macky Sall terminer son mandat, 2 ans, ce n’est rien.
Serez-vous candidat à cette présidentielle ?
Tout parti politique ambitionne de gagner une élection présidentielle. Mais, pour le moment, rien n’a été décidé pour notre participation à cette élection ou pour faire face à la caution qui sera imposée. Aura-t-on les moyens ? On ne sait pas encore.
Souvent on vous assimile à un parti cabine téléphonique. Etes-vous d’avis ?
Rire ! Avant les locales, on nous a même traité de parti clandestin. Mais, on a gagné 5 mairies sur les 9 dans le Kaffrine et nous avons 248 conseillers dans d’autres villes du Sénégal, avec le peu de moyens dont on disposait.

L’actualité phare, c’est l’envoi des soldats au Yémen ou en Arabie Saoudite. Votre position ?
Nous avons soutenu l’envoi des soldats dans un communiqué de presse, la semaine dernière. Parce que l’Arabie Saoudite est notre partenaire privilégié depuis des années et nous partageons des intérêts cumulés. Au Yémen, nous avons un chef d’Etat qui a été élu sur la base d’élections reconnues. Aujourd’hui, il y’a une rébellion, basée sur des frustrations. Pouvons-nous accepter un changement d’ordre constitutionnel par un rapport de forces ? Cela veut dire que nous faisons fi de tous ce qui a fait le fondement de notre Etat. Et, dès lors, nous accepterons les politiques bananières. Dans ce conflit je pense que le chef de l’Etat défend une éthique, une morale et un concept bâtisseur de république et d’une nation future.
Mais d’aucuns disent que l’Arabie Saoudite n’est pas en danger et que cet envoi cache des calculs financiers…
Moi je suis Chiite. Un sentimentalisme m’aurait conduit à soutenir la révolution Chiite au Yémen. Mais, puis-je aller à l’encontre de ce que je crois : la démocratie, la laïcité et la république ? Non. C’est comme si un groupe armé destituait Macky Sall. En tout cas, le Pep défend cet envoi.
Le Sénégal pourra-t-il se retrouver dans ce conflit entre Chiites et Sunnites ?
Ce conflit n’est pas entre Chiites et Sunnites. C’est une révolution des Houtis qui ne sont pas des forcément des Chiites. Les Houtis, c’est un amalgame de Chiites, Sunnites, Yesdits etc… C’est une révolution qui est en train de se faire dans ce pays. On a voulu donner un étiquette chiite à ce conflit, mais les Houtis ne sont pas des Chiites. Le Sénégal, grâce à son image, jouera un rôle de médiateur. C’est une guerre entre belligérants qui parlent la même langue et pratiquent la même religion.
En tant que chef d’entreprise, avez-vous senti, depuis l’arrivée du président Sall, des mesures en votre faveur ?
Oui. Il y a eu la baisse de la fiscalité. Mais, ce n’est pas la solution. Au niveau du patronat, on ne prend pas en compte les entreprises. Des entreprises jouent faux pour échapper aux taxes de la Senelec et au racket. Il faut d’abord régler ces problèmes.
Votre panacée contre le chômage des jeunes… ?
C’est très simple. Il faut moderniser l’agriculture. L’Etat du Sénégal consacre 33% de son budget à former des jeunes qui n’arrivent pas à trouver du travail. Pendant ce temps, des terres cultivables sont à l’abandon. Associé dans le gouvernement ou à sa tête, je ferais de l’agriculture une sur-priorité.
Pourtant, 10 mille jeunes ont été recrutés pour la sécurité. Adoubez-vous cette politique ?
C’est une bonne chose. Mais, avant de penser à recruter pour la sécurité, il faut d’aborder aider la Sénélec à électrifier la banlieue. L’insécurité est fille de l’obscurité.

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