Entretien avec Ruben Dieudonné, DG de MicroCred Sénégal: « Les performances de mon entreprise s’expliquent par… »

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32 milliards de francs CFA de crédits, 32 agences et 560 employés. Lentement, mais sûrement, MicroCred Sénégal est en train de faire son chemin. Lancée en 2007, la filiale du groupe MicroCred, une institution de microfinance basée à Paris et qui compte six filiales opérationnelles en Afrique, s’est fait une place de choix dans le marché de la microfinance au Sénégal. Ruben Dieudonné a incontestablement joué un rôle fondamental dans les performances de la structure. Le Directeur général de MicroCred Sénégal est un professionnel rompu à la tâche. Diplômé en économie à l’Université Quisqueya, ce Haïtien possède plus de dix ans d’expérience en Microfinance, dont huit dans des postes de Direction. Il a occupé, entre autres, le poste de Directeur des Opérations dans deux des plus grandes institutions de microfinance d’Haïti. Dieudonné débarque au Sénégal en 2008 comme Directeur général adjoint de MicroCred Sénégal chargé des Opérations avant d’accéder à la tête de cette entreprise quelques mois plus tard. Dans l’entretien qu’il a accordé à Leral.net, ce fils de la Diaspora africaine revient sur les clés du succès de son entreprise et sur ses ambitions.

Developpement fulgurant de MicroCred Sénégal

7020718-10742243Il faut regarder du côté du groupe. Toutes les filiales du groupe utilisent le même système informatique. Ce qui se fait au Sénégal se fait aussi dans les autres pays où MicroCred est présent. Ce sont les mêmes procédures même s’il y a des spécificités liées au marché. Nos entreprises sont gérées par un ensemble d’experts qui ont des connaissances dans le secteur. Moi, je suis dans la microfinance depuis plus de dix ans. Notre force commerciale repose sur notre expertise du secteur. Les procédures que nous utilisons ont été testées avec succès dans d’autres pays. La réussite de MicroCred Sénégal est basée sur l’expertise du groupe et des experts de MicroCred. Ce qui fait notre force aussi, c’est que nous avons une équipe jeune. Notre politique de ressources humaines est basée sur le recrutement des jeunes fraîchement sortis de l’université c’est-à-dire sans expérience professionnelle dans le secteur pour les former et leur transmettre une façon de faire et leur inculquer une culture différente de ce qui se fait au Sénégal. La compétence, l’engagement et le dynamisme de nos agents sont la clé de la réussite de MicroCred Sénégal.

L’offre de MicroCred Sénégal

Nous offrons la proximité à nos clients. MicroCred Sénégal est très proche de ses clients. On est à l’écoute de ces derniers et on travaille en fonction de leurs besoins. Nous avons une relation humaine avec les clients. C’est un concept différent de ce qui se faisait jusqu’ici. Dans d’autres structures financières, on ne voit que la transaction chez le client. Notre crédo, c’est la satisfaction des besoins de la personne qui est en face de nous. Notre souci premier n’est pas de faire une transaction. Le plus de MicroCred Sénégal, c’est la transparence et l’équité par rapport à la clientèle.
Il y a aussi une autre différence fondamentale chez MicroCred Sénégal. Nous avons 560 employés, majoritairement des jeunes, qui ont des contrats. Contrairement aux autres institutions financières, nous ne nous basons pas sur des intérimaires et des stagiaires. A tous ces jeunes que nous avons recrutés et qui sortent directement de l’université, on leur donne un contrat stable. Et on leur demande en retour, un niveau d’engagement et de motivation pour le bien de l’entreprise. Ces jeunes trouvent chez nous une opportunité qui n’existe pas ailleurs.

MicroCred Sénégal et le manque d’expérience des jeunes employés

L’entreprise n’a pas de problème de manque d’expérience. Ce qu’on a fait en 2007, lors de la création de MicroCred Sénégal, c’est qu’on a reçu un bon nombre d’experts de MicroCred qui sont venus avec l’expertise que l’on transfère progressivement au personnel local. Aujourd’hui, mon directeur de Réseau, c’est quelqu’un qui a commencé en 2007 comme agent de Crédit. C’est aussi le cas de mon directeur des Logistiques. Ce sont des jeunes qui, au début, n’avaient pas d’expérience mais qui, au fil des années, montent progressivement et ont acquis cette expertise à l’intérieur de l’entreprise. Aujourd’hui, nos chefs de département qui représentent l’épine dorsale de l’organisation sont des jeunes qui ont commencé leur carrière avec MicroCred Sénégal. Nous avons une culture de management différente des autres. Au départ, nos chefs d’agence étaient des étrangers mais aujourd’hui nos chefs d’agence sont tous des locaux.

Le financement des projets du monde paysan

Si vous regardez le développement de MicroCred Sénégal, la première agence a été ouverte à Dakar en 2007. On a commencé à étendre notre réseau en 2011. Nous sommes maintenant présents à Thiès, Kaolack, Touba, Saint-Louis… et progressivement nous allons nous installer dans les zones les plus reculées comme Ourossogui, Tambacounda, Bignona… Vous comprenez qu’on commence à s’implanter dans les zones rurales pour toucher les paysans, les éleveurs et autres pour faciliter le financement de l’agriculture. Mais, on ne peut pas du jour au lendemain s’installer dans ces zones parce que nous avons de grosses structures dans les plus grandes villes du Sénégal. Et ces grandes agences sont beaucoup plus rentables que les petites agences que nous avons dans les zones reculées. Comme notre mission est de donner l’accès aux

services

financiers aux personnes qui souhaitent être accompagnées pour participer au développement économique du pays, nous venons de lancer un projet où les clients pourront faire leurs transactions chez des particuliers, pas nécessairement dans les agences de MicoCred Sénégal. Nous avons lancé la phase pilote du projet qui sera développé à partir de l’année prochaine. C’est un moyen pour nous d’avoir une structure qui nous permet d’aller le plus loin possible.

Les projets de MicroCred Sénégal

Le projet qui nous tient vraiment à cœur, c’est l’extension de notre réseau. Nous avons 32 agences et nous voulons atteindre les 500 dans les trois prochaines années. Cela va nous permettre d’être beaucoup plus proches de nos clients. Aujourd’hui, avec les 32 points, on n’a pas une couverture géographique nous permettant de desservir les zones qui se trouvent au fin fond du Sénégal. Nous voulons que MicroCred Sénégal soit présente dans tous les quartiers du Sénégal. On va aussi commencer à proposer des produits répondant à d’autres segments de la clientèle pour élargir l’offre de MiroCred Sénégal. Aujourd’hui, nous travaillons exclusivement avec les micro-entrepreneurs et les PME. A partir de l’année prochaine, on va travailler avec les salariés, les jeunes, les chômeurs, les retraités … avec un fort accent sur les jeunes. Nous avons l’ambition de participer au développement économique du pays et pour nous, la force du pays, ce sont les jeunes. Il est donc tout à fait normal que MicoCred Sénégal réfléchisse pour voir comment proposer des projets spécifiques répondant aux besoins des jeunes. Notre personnel est composé de jeunes mais on n’a pas encore de produits financiers appropriés pour les jeunes. C’est ce qu’on va commencer à développer à partir de l’année prochaine. On va utiliser la technologie la plus appropriée pour sécuriser nos transactions.

La Microfinance au Sénégal

La microfinance s’est beaucoup développée au Sénégal. Par rapport à beaucoup de pays de la sous-région, le Sénégal est réellement en avance. Il y a une bonne concurrence et une très bonne collaboration à travers l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés (APS/FD) qui regroupe l’ensemble des institutions de microfinance. C’est là qu’on discute des problématiques du secteur. Je discute souvent avec mes collègues et on a de très bons rapports. La microfinance est un secteur très dynamique au Sénégal où il y a des institutions de qualité. La concurrence est saine et elle permet d’améliorer les institutions de microfinance qui sont obligées de proposer des produits et

services

de qualité pour garder le flambeau du secteur au niveau de la sous-région. Dans cette partie de l’Afrique, le Sénégal est le pays où la microfinance de qualité est la mieux développée.

Les difficultés dans le secteur

Le secteur peut faire face à des problèmes liés par exemple à la qualité, au financement, aux relations parfois difficiles avec les autorités. Il y a surtout des problèmes d’accès pour les clients qui vivent dans des zones reculées. Les problèmes diffèrent en fonction de la taille de l’institution. Pour les petites institutions de microfinance, le véritable problème qui se pose c’est le financement. Tous ces problèmes sont soulevés au niveau des réunions de l’APS/FD et nous faisons tout pour les résoudre.

Entretien réalisé par la rédaction de Leral.net

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