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« Nous ne pouvons pas dépendre des autres pour financer l’éducation de nos pays », n’a pas pu se retenir de tonner le président ghanéen Nana Akufo-Addo. Ce panafricaniste, qui avait remis à sa place le jeune président français à l’occasion de la visite que Macron avait récemment effectuée au pays de Nkwame Nkrumah, a démontré que l’Afrique peut se passer de l’aide conditionnelle et paternaliste de l’Occident. Il s’agit, d’abord, de définir et appliquer « des politiques qui s’adaptent à nos besoins ». Or celles-ci viennent jusque-là de l’Extérieur, avec la complicité de chefs d’Etats africains. Pour Addo, l’émancipation de l’Afrique de la coupe régentée de l’Occident est bien possible, « si nous éliminons la corruption » et si on freine « la fuite des capitaux », qui a-t-il révélé, coûte chaque année 50 milliards de dollars américains à l’Afrique. Et Addo de mettre Ko les agents de la néocolonisation : il faut « changer d’état d’esprit ». Son discours clair, concis, courageux et indémontable a, bien sûr, mis Macky Sall très mal à l’aise. Parce que celui-ci, en accueillant la Conférence internationale sur le financement du Partenariat mondial pour l’éducation démontre qu’il ne compte que sur l’Occident pour faire « émerger » l’enseignement dans son pays ; oubliant que ce que l’Europe donne de la main droite, elle le récupère toujours par la main gauche. Addo a mis à nu le complexe d’infériorité de Macky Sall, qui faisait tout pour plaire à son hôte : le jeune président français, auquel il a livré le sous-sol, le sol et le ciel sénégalais. Addo a fait mal, car le sujet de la lutte contre la corruption et la fuite des capitaux indispose Macky Sall, puisque son arrivée aux affaires sous Wade l’avait enrichi à hauteur de 7 milliards déclarés. Son élection à la tête du Sénégal a aidé son jeune frère Aliou Sall, à devenir multimilliardaire en se sucrant avec la découverte du pétrole et du gaz au Sénégal. Même les oncles, cousins et proches de Macky, qui galéraient tous avant sa présidence, sont devenus immensément riches. Son « griot » Farba Ngom, devenu député-maire, a été alpagué en France, avec un fort surplus de devises. Ce qui fait que Macky se demande ce qui adviendra de lui et de ses proches, quand la traque de la fuite des capitaux sera enclenchée. Ne se déplace-t-il pas avec des milliards à chaque fois qu’il se rend en Europe ? Il est certain qu’il ne distribue pas tout aux militants de son parti, pour s’assurer un bel accueil. C’est pour toutes ces raisons qu’il en a voulu au panafricaniste Addo, surtout que celui-ci a semé les graines pour « un changement d’état d’esprit ». Car une telle prise de conscience des Africains, sonnera le glas de la traque des biens illicites acquis par des chefs d’Etat. Ce qui ne peut l’arranger, lui Macky Sall.

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