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BP a déjà acquis en décembre, auprès de l’américain Kosmos Energy, une participation majoritaire dans plusieurs licences d’exploration côté mauritanien.

La cession des parts que Timis Corp. détenait dans un important gisement de gaz au large du Sénégal au britannique BP ? « Business as usual », pour Frank Timis. L’homme d’affaires australo-roumain maintient néanmoins sa plainte contre certaines personnalités de la société civile et de l’opposition qui lui reprochent d’avoir bénéficié de passe-droits dans l’obtention de deux contrats d’exploration.

L’homme d’affaires australo-roumain Frank Timis est en cours de cession des participations que sa société Timis Corp. détenait encore dans un large gisement de gaz au large du Sénégal. Le repreneur n’est autre que BP, qui avait déjà acquis en décembre, auprès de l’américain Kosmos Energy, une participation majoritaire dans plusieurs licences d’exploration côté mauritanien.

Il en est désormais de même côté sénégalais. L’information a été donnée mardi 25 avril au détour d’une présentation du rapport annuel prospectif sur le secteur énergétique de BP, que la compagnie pétrolière britannique organisait dans la capitale sénégalaise.

« Plus tôt ce mois-ci, BP a accepté d’approfondir son investissement dans le Sénégal, en acquérant l’intégralité des participations minoritaires de 30% que la Timis Corporation détenait dans deux blocs au large du Sénégal, Saint-Louis Profond et Cayar Profond », a indiqué l’entreprise à cette occasion dans un communiqué, précisant que cet accord de cession était encore soumis à l’approbation du gouvernement.

Une fois la cession bouclée, « les participations dans les blocs sénégalais seront similaires au partenariat parallèle en Mauritanie. En effet, BP détiendra une participation proche de 60%, Kosmos une participation proche de 30%, et la Société des Pétroles du Sénégal (Petrosen) une participation d’environ 10%. »

11 personnalités visées par une plainte

Exit donc Frank Timis. Et ce alors que, pendant plusieurs semaines, une frange de l’opposition sénégalaise l’a accusé d’enrichissement illicite via sa société Timis Corp, qui a racheté en 2014 à Petro-Tim Limited − une société chinoise −, les deux contrats de recherche et de partage de production (Saint-Louis profond et Cayar profond) dont elle était détentrice en 2012. Avant d’en rétrocéder 60% à l’Américain Kosmos Energy, en août 2014, et après s’être attaché la même année les services d’Aliou Sall, le frère cadet du président sénégalais.

Ce qui a alimenté tous les procès en favoritisme. Au point qu’en octobre l’avocat El Hadji Diouf a déposé plainte, au nom de Frank Timis et Aliou Sall, contre 11 personnalités de la société civile et de l’opposition. Parmi elles, Malick Gakou, du Grand Parti, et Mamadou Diop Decroix, d’AJ-Pads (And-Jëf/Parti africain pour la démocratie et le socialisme), pour diffamation, association de malfaiteurs et diffusion de fausses nouvelles.

Ces plaintes sont toujours en cours, et je ne les retirerai pas

« Ces plaintes sont toujours en cours − et je ne les retirerai pas − contre des personnes qui ont trompé le grand public », affirmait ce vendredi matin à Jeune Afrique Frank Timis, contacté par téléphone. « Plusieurs dizaines de compagnies se sont succédé pour explorer depuis 1975. Toutes sont reparties sans y avoir découvert quoi que ce soit. Nous, non. Il est très aisé de faire notre procès, mais si après plusieurs centaines de millions de dollars d’investissements, nous n’avions rien trouvé, personne ne se serait attristé de notre sort », plaide-t-il.

Les conditions de la cession des parts de Timis Corp. à BP demeurent encore confidentielles. La livraison du premier mètre cube de gaz sénégalais n’interviendra pas avant 2021, a indiqué BP mardi à Dakar. En Mauritanie et au Sénégal, le géant pétrolier prévoit « d’investir plusieurs milliards de dollars dans le développement du GNL [gaz naturel liquéfié] au cours des prochaines années ».

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