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Cette grande figure de l’islam et du Mouridisme fait partie de ces hommes qui sont entrés dans l’histoire par la grande porte. Petit frère de Cheikh Ahmadou Bamba, Mame Thierno Birahim a vu le jour la matinée du jeudi 15 Rabîa-al- awal 1282 de l’Hégire (vers 1866) au village de Porokhane dans le Saloum. Le jour de sa naissance coïncide avec la conquête de Paouscoto par l’almamy Maba Diakhou BA. Son grand frère et maître. .

Cheikh Ahmadou Bamba a vu de cette coïncidence un bon augure. Sans doute voulait-il dire que ce nouveau-né serait un combattant pour les causes Islamiques. Ce don tout le monde peut témoigner aujourd’hui. Selon la tradition orale, le jour même de sa naissance, son père MAME MOR ANTA SALY quitte Porokhane avec la famille pour s’installer au village de Ndiaba-Counda aux frontières Gambiennes. C’est là où lui est donné le nom de Thierno Ibrahima et son homonyme n’est autre que le martyr de l’Islam, le grand Cheikh Toucouleur Thièrno Ibrahima KANE, ami fidèle de son père, qui vécut au village de Magâm en terre mauritanienne.

 

A l’âge de la scolarité et après un bref séjour chez un marabout du nom de Serigne NIANG, son père le confia à son grand frère le vénéré CHEIKH AHMADOU BAMBA qui lui a appris le Coran, qu’il a récité à bas âge ainsi que les sciences religieuses et la langue arabe. Puis sous le ndigüel de Serigne BAMBA, il a fait deux brefs séjours chez deux grands érudits de l’Islam de son temps, que sont Mor Baram DIAKHATE de Ndiambour et Kaly Madiakhaté Kala. Mais un poème qu’il a dédié au premier dès son arrivée chez lui témoigne déjà d’une qualité morale et spirituelle et d’un niveau intellectuel sans égal chez MAMA THIERNO. CHEIKH AHMADOU BAMBA a fait de MAME THIERNO son compagnon pour parfaire sa formation et le rendre apte à supporter la lourde responsabilité qu’il lui entendait confier plus tard car c’est lui qui forma ses fils aînés et ses premiers disciples et fut son bras droit qui jouissait de son entière confiance.

 

Pour preuve, il suffit de rappeler que c’est à lui que CHEIKH AHMADOU BAMBA a confié toute la famille lors de son exil au Gabon.MAME THIERNO BIRAHIM est connu pour sa foi inébranlable en Dieu sa sévérité dans l’application des prescriptions du Coran et de la Sunna, sa fidélité, son amour envers le Cheikh, l’obéissance à ses ordres et recommandations et la générosité des « Hadiyas » qu’il lui envoyait. Tout cela c’est CHEIKH AHMADOU BAMBA lui-même, qui en a témoigné dans les multiples correspondances qu’il lui a adressées.

 

Il était aussi le porte-parole chargé de transmettre les recommandations les plus importantes aux talibés telle cette lettre dans laquelle le Cheikh disait à MAME THIERNO : « …………je vous ordonne d’apprendre aux gens que j’interdis à quiconque de me donner quoi que ce soit alors qu’il a des dettes à payer car j’ai l’intention de pas être cause de déboire pour personne. Soit conscient de cela et explique le « wassalâm » et dans ces cas Borom-Darou dépêchait des émissions à tous les chefs religieux Mourides pour transmettre le message.

Nombreuses sont les correspondances de ce genre adressées à MAME THIERNO par le Cheikh mais la plus significative est peut-être une lettre qui résume en quelques sortes la doctrine religieuse des Mourides. Dans cette lettre, Serigne Touba disait :

« Aujourd’hui occupe toi en permanence de prières et de Wird et ordonne à tous les disciples de s’efforcer à remplir leurs devoirs envers Dieu et d’abandonner toute autre chose. Ordonne aux grands disciples (Les Cheikhs) de rester chez eux et de ne pas faire trop de déplacements (à la recherche de Hadiya). Celui qui a un besoin peut se déplacer pour y subvenir. Si non il doit rester à sa place. Ordonne aux femmes de s’acquitter de la prière et de faire du bien autant qu’elles peuvent. Ordonne aux enfants de s’appliquer à la lecture du Coran en vue de le savoir par cœur. Paix miséricorde de Dieu et sa bénédiction sur vous ».Pour mériter cette faveur divine d’être le porte-voix de la doctrine de CHEIKH AHMADOU BAMBA, la conduite de MAME THIERNO était le reflet de cette doctrine. Exemple de piété, de droiture, de générosité d’âme et d’humilité. Il était un soutien digne, un sage et un homme d’action, soucieux du devenir des musulmans et des mourides dont il était un soutien à la fois spirituel, moral et matériel. Bref il était sans conteste le grand combattant qu’augurait le commentaire de CHEIKH AHMADOU BAMBA le jour de sa naissance.

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