Ibrahima Sall, Directeur général de la Sicap/Sa. Un nouvel architecte parmi les bâtisseurs

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ibrahima-sallGrand par la taille et par les idées, Ibrahima Sall, ancien ministre et actuel directeur général de Sicap, n’est pas un novice dans l’espace des constructeurs. Économiste sorti de bonne école et spécialiste de l’analyse et de la science politique, il se singularise par son génie dans l’innovation et son aplomb dans l’action. Mais en lui se cache le profil d’un ingénieur très à l’aise dans l’habitat. Il en donne la preuve à la tête de la société immobilière qu’il dirige et avec laquelle, il initie et pose des actions novatrices qui rendent bien compte d’une volonté de relever, avec panache, le défi qui lui est confié : bâtir, bâtir et bâtir.
Ibrahima Sall aurait pu se vêtir du manteau d’un Cheikh mouride et emprunter la voie de son aïeul Thierno Birahim Mbacké, Fondateur de Darou Mouhty, la Maison du Donateur, deuxième bastion du Mouridisme.
Mais son père, Eh Hadji Serigne Sall a eu l’esprit d’anticipation, en l’inscrivant à la fois à l’école coranique où il fit ses humanités canoniques, puis à l’école française où il s’illustra par son génie alerte. Son père fut un fécond opérateur économique à la probité morale avérée, grâce à son éthique dans le tract commercial, une éthique qui légitima ses responsabilités patronale dans l’Uniges dont il fut un des fondateurs.
Homme de foi et de biens, El Hadji Serigne Sall, personnalité morale respectable à Darou Mouhty, a permis à ses enfants de suivre les voies d’avenir et d’emprunter les chemins académiques qui forcent et forgent l’esprit pour attribuer à la personne les compétences qui aboutissent au récompenses sociales.
Le parcours scolaire et académique de Ibrahima Sall est conséquemment prestigieux. Après avoir suivi ses études secondaires à Sénégal, il débarque en France, à Bordeaux où il décroche un Dess de l’Administration des Entreprises. Son statut d’économiste ne le rendit point fat et suffisant. Les vapeurs d’un destin politique se dégageaient déjà en lui, car, il suivit des études politistes et obtient un Diplôme en Sciences politiques. Ses 25 ans n’étaient pas encore révolus. Son esprit fertile lui procura une carrière précoce.
Directeur général à….26 ans.
Le fortuné défunt Djily Mbaye décortiqua très tôt l’intelligence et les qualités managériales du jeune diplômé Ibrahima Sall. Il le nomma Directeur général de la Société Anonyme Immobilière Indépendance, (Saim).
Le jeune cadre fit face à un défi. Il se mit alors le pied à l’étrier et s’engagea. Son esprit d’organisation et d’innovation, et son dynamisme mettent la société en envol. Son espace d’action et d’influence grossit. Les immeubles Fayçal et Fahd inscrits dans le marbre du trésor immobilier et architectural de Dakar, sont son œuvre.
Mais, Ibrahima Sall est ambitieux. Le travail bien fait et vite fait est son obsession. A son œuvre, il ajouta la Cité Bagdad de Louga, et la Cité Djily Mbaye de Yoff, des cités prisées grâce à un intelligent lotissement et à un espace architectural et environnemental bien réfléchi.
Mieux, il ne se limite pas à l’Immobilier. Il noue un partenariat avec la société Tullow Oil et la Société des Pétroles du Sénégal pour investir le secteur gazier, en visant les mines de Diamniadio. Il est même acteur dans le lancement de Canal+Horizon.
C’est que Ibrahima Sall est un homme d’avant-garde. Sa lecture du développement est à la fois humaniste et libéral, non par mimétisme, non par contrainte politique, mais par option, par foi et par culture. Il est mouride authentique et est très tôt abreuvé des vertus du travail, de l’honnête recherche du profit probe et du sens de l’action. Le travail libéral avec lui a une dimension morale et patriotique.
Ibrahima Sall est, en fait, un homme qui sait saisir les bonnes opportunités et agir ardemment pour sortir les idées, les propositions et les programmes des documents, des discours et des chemises de bureau pour les faire émerger et devenir des réalités.
Etre un MODEL dans l’espace politique
Ibrahima Sall n’est pas politicien. Sa conception de l’action politique est celle de certains acteurs. Fils de Darou Mouhty, petit-fils de Mame Thierno Birahim Mbacké, issu d’une famille ayant le culte de la probité et bénéficiant tôt de la grâce divine, Ibrahima Sall ne prend pas la politique comme un raccourci pour accéder à des bienfaits, ni comme une quête de pouvoir et d’avoir.
La politique est pour lui une expression qualifiée et exigeante du citoyen au service de son pays. La recherche du bien commun dans un esprit de service, le développement de la justice avec une attention particulière aux situations de pauvreté et de souffrance, le respect de l’intérêt général, le travail bien fait par l’exemple, l’obligation de résultat et de compte rendu, telles sont, entre autres, les orientations auxquelles son action politique s’inspire.
C’est dans ce sens qu’il s’est engagé, auprès de Cheikh Mouhamadou Kara Mbacké Noreyni, dans la création du Parti de la Vérité et du Développement.
Mais, il innove, en créant finalement son propre parti, le Mouvement des Démocraties et des Libertés, dont l’acronyme donne MODEL : un message plein de finesse pour rendre compte de sa conception de l’action politique.
En 2009, le MODEL intègre la coalition Dekkal Ngor pour les Locales. Son engagement est inflexible. Il a joué un rôle essentiel dans l’élection de Macky Sall à la Présidentielle de 2012, avec la coalition pionnière et héroïque Macky2012 qui porta le combat du candidat de l’Apr soutenu par sa coalition dès le premier tour.
C’est que Ibrahima Sall est un homme tenace dans l’engagement politique. Éloquent, cartésien et dialecticien à souhait, il est l’auteur et le lecteur du discours historique d’investiture du candidat Macky Sall.
Son parti, malgré de modestes moyens, prit un envol et emporte une dizaine de collectivités locales dont un Conseil départemental.
C’est que Ibrahima Sall est un MODEL d’engagement, de fidélité et de ténacité. Quand il s’engage, il se donne à fonds avec comme seule arme sa conviction.
Un homme d’Etat au front de l’Habitat
Ibrahima Sall est un homme politique très tôt façonné par le privé. Economiste ayant une vision libérale de développement, il est aussi doublé d’un solide homme d’Etat qui sait mettre en œuvre le programme que lui soumet l’autorité d’Etat, en y apportant même parfois des innovations majeures et concluantes.
Le Président Abdou Diouf qui a su détecter ses capacités et ses aptitudes à exécuter avec panache le travail qu’on lui confie, en fit son Conseiller en Relations internationales, une fonction qu’il assuma avec désintéressement, dévouement et brio. Mais Ibrahima Sall a un esprit d’organisation et de méthode. Ces qualités s’exposèrent et s’imposèrent en 1992, alors qu’il était Secrétaire général du comité d’organisation de la Can, Sénégal 92.
Un homme d’Etat était déjà né.
Avec la marche du temps marquée par l’avènement de Macky Sall dont il a participé ardemment à l’élection à la présidence de la République, le délicat Ministère de l’Education nationale lui fut confié.
Dans ce sillage, il devient Président de la Confemen. Mais cette fonction s’inscrit dans l’histoire, car c’est en cette qualité qu’il a dirigé la délégation sénégalaise à la rencontre de Kinshasa où il déposa et plaida la candidature du Sénégal pour la tenue du Sommet l’Organisation Internationale de la Francophonie à Dakar en 2014.
A la fin de sa mission au Ministère de l’Education nationale, il est nommé à la tète de la Société Immobilière du Cap-Vert, Sicap, devenue Société anonyme.
La société prend un nouveau souffle et un nouvel envol. Ibrahima Sall, après avoir fait état des lieux, innove et élabore un plan prometteur et promoteur. Il redonne vie à la Sicap, inscrit son action dans l’ornière du Plan Sénégal Emergent et se donne l’ambition de construire 40.000 logements en dix ans, pour un coût de 492 milliards. Des pôles urbains sont conçus avec une priorité à l’habitat social.
Mieux, l’action de la Sicap, initialement limitée à la région de Dakar, s’élargit dans les régions, avec une nouvelle démarche dont la vocation est de créer au-delà de la Capitale, des pôles urbains au bénéfice des citoyens vivant dans les autres collectivités locales.
Ainsi, avec Ibrahima Sall, la Sicap reprend-elle son souffle. Constant que depuis plus d’une décennie la société immobilière ne bénéficie plus de terres pour y ériger des logements, en raison de la primauté accordée aux étrangers investisseurs et au secteur privé, Ibrahima Sall s’est engagé, en phase avec le président de la République, à faire corriger cette faille qu’il considère lui-même comme une injustice.
Pour ce bâtisseur, «la création de pôles de développement urbain permettra à la société qui n’a pas bénéficié d’un mètre carré de terre depuis 2000, d’en profiter». Les promesses de mise à disposition de terres le rassurent et le galvanisent davantage.
Safiétou Diop

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