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L’ancien premier ministre, l’ancien maire de Thiès, l’ancien futur quatrième président de la République a finalement compris que c’est pas depuis le Saint James Hôtel qu’on devient président de la République et il a décidé de visiter quelques cases et hameaux non loin de son lieu villégiature à l’année. Passons…

Idrissa Seck traite Macky Sall d’incompétent parce que l’aéroport a été ouvert. Il faudrait rappeler à Seck que c’est lui qui a pourtant annoncé partout que le président Sall n’arrivait même pas à repeindre les chantiers de Wade. Totalement démenti par la suite des événements, Idy ne sachant plus quoi dire, rase les murs dans la région de Thiès et s’accroche à un hypothétique problème de fret. Un argument léger pour celui qui depuis les tribunes de l’Assemblée nationale, lors de sa déclaration de politique générale en 2002, alors qu’il était premier ministre de Wade, avait osé dire à la face du monde qu’il ne croyait pas aux projets de son maître. Abdoulaye Wade choqué, prendra son téléphone pour l’appeler et Seck du s’éclipser quelques minutes pour lui parler. À son retour dans l’hémicycle, il ne parlera ni de ce projet d’aéroport, ni de l’autoroute à péage… C’est finalement deux ans plus tard, que Macky Sall, devenu premier ministre, accompagnera la vision de Wade et déclinera devant les députés les grands projets du Sénégal dans le cadre de la stratégie de croissance accélérée.

Seck parle de campagne arachidière catastrophique : l’ancien premier ministre oublie que c’est sous son règne à la primature qu’on a commencé à parler de bons impayés. Idrissa Seck était incapable de tenir un conseil interministériel pour fixer le prix de l’arachide, car il était préoccupé par d’autres questions moins importantes et par son image personnelle. Premier ministre, il préféra laisser les paysans à la merci des opérateurs dont certains étaient dans son entourage. Aujourd’hui, les agriculteurs sénégalais ont banni de leur langage le terme « bons impayés » parce que le gouvernement de Macky Sall a fixé les règles du jeu et les récoltes sont payées cash. À rappeler également que sous le magistère de Seck à la primature, le prix du kilogramme impayé d’arachide n’a jamais dépassé 90 ou 100 francs. Le gouvernement de Macky Sall a fait plus que doubler ce prix.

Seck a demandé le retour d’exil de Karim Wade. Finalement les deux frères ennemis sont-ils devenus les meilleurs amis du monde ? N’est ce pas l’ancien maire de Thiès qui a dénoncé dans une cassette audio l’immixtion de Karim Wade dans la gestion des affaires de l’État allant jusqu’à s’auto-traiter de fils d’emprunt ? Inutile de reprendre les tensions permanentes entre les deux hommes. Au point que Karim lui a interdit publiquement de venir lui présenter ses condoléances lors du décès de sa femme Karine. Karim Wade n’est qu’un objet politique pour Idrissa Seck, car celui-ci n’a même pas daigné lui rendre une visite de courtoisie quand il a été emprisonné. Quand Karim Wade fut libéré, devant les journalistes chez lui, Idrissa Seck a déclaré que la culpabilité de Karim Wade ne faisait aucun doute. «Sur la culpabilité de Karim Wade, je n’ai aucun doute », dira-t-il avec conviction devant les reporters de la presse. Dès lors, comment comprendre qu’un beau matin il se réveille pour devenir un défenseur de Karim Wade ?
Pour terminer, j’aimerais bien demander à Idrissa Seck de décliner son bilan à la Mairie de Thiès qu’il a occupée pendant douze ans. Pour les statistiques, il n’a mis qu’une dizaine de fois, les pieds dans son bureau en 4380 jours de règne dans la cité du rail. Un chiffre suffisant pour comprendre que son bilan est inexistant.

El Malick Seck (Journaliste, homme politique et conseiller municipal à Thiès)

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