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Charité bien ordonnée commence par soi. La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest semble faire sienne cette maxime.

Elle a, selon l’ancien ministre ivoirien des Finances, Mamadou Coulibaly prêté 52 milliards de francs en 2016 à son personnel. Selon ce dernier, qui participait à Dakar à un débat sur le Franc Cfa, les agents de la Bceao sont, en réalité, autour d’un fétiche à sou qui les enrichit plus que crésus.

On en sait un peu plus sur les raisons de la prise de position du gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, Tiémoko Coulibaly, en faveur du maintien du Franc Cfa. En effet, les employés de cette institution financière sous-régionale gagnent plus que les Etats avec un tel système, selon certains. Ils seraient plus riches que crésus, si l’on se fie à la révélation faite, samedi, par l’économiste Mamadou Coulibaly, au cours de la conférence sur la servitude monétaire. Selon l’ancien ministre des Finances de Côte-d’Ivoire, la Banque centrale a octroyé à son personnel, en 2016, près de 52 milliards de francs Cfa en prêts. «Ce sont des prêts constitués des sommes consentis à la Banque centrale par des agents (Sic). Lequel d’entre vous peut dire que les banques lui font des prêts comme ça dans des conditions faciles. Ils sont compétents, il n’y a pas de doute. Ils sont patriotes, pas de doute. Mais, ils sont dans une institution qui leur accorde pas mal de choses», a souligné M. Coulibaly. Qui révèle que le résultat net de la Bceao en 2015 est de 49 milliards et 114 milliards en 2016. «Il y a de l’argent qui rentre. Mais sur cet argent, le compte d’opérations en rapporte très peu.  Ils sont autour d’un fétiche. Ils sont compétents, c’est vrai. Mais il y a un fétiche. Si on veut regarder leurs propos, on ne s’en sortira pas. Ils gagnent énormément», indique-t-il. Mais, WalQuotidien, a essayé de joindre sans succès la Banque centrale pour une réaction sur ces révélations.

L’économiste Ndongo Samba Sylla relève qu’il y a une réfraction terrible du crédit dans la zone franc Cfa qui maintien les banques sur le qui-vive et le sous financement des économies. Car, note-t-il, le ratio prévu à l’économie sur le Produit intérieur brut (Pib) est resté au même niveau en moyenne entre 1991 et 2016. «Le crédit à l’économie de la Bceao en 2016 vis-à-vis de la Guinée Bissau s’élevait à 63,6 milliards. Tout à l’heure, on disait que le prêt aux employés de la banque s’élevait à plus de 50 milliards de francs Cfa. Pour un seul pays, la Guinée-Bissau, c’est 63 milliards de francs. Comment voulez vous développer un pays avec un volume de crédit de 63 milliards de francs Cfa ?», s’interroge-t-il. Tout en dénonçant le fait que le taux d’intérêt réel est très élevé malgré une inflation qui est faible. «Les pays de la zone franc Cfa présentent cinq problèmes majeurs. A part la Guinée Equatoriale, il n’y a aucun pays qui a pu avoir plus de 2 % du Pib par habitant sur cinquante ans. Il n’y en a pas. Tous les pays de cet espace sont des exportateurs de produits primaires. Et pour certains, cette dépendance s’est même dégradée récemment. Les indicateurs socio-économiques notamment, la santé et l’éducation, sont les plus faibles au monde. Vous regardez l’indice de développement humain, les quatre derniers pays sont ceux de l’Uemoa. Pendant 70 ans de délégation monétaire, très peu de commerce intra-africain existe actuellement. C’est de l’ordre de 10 % pour les deux blocs. Il y a une absence de souveraineté démocratique», a expliqué l’économiste.

Pour sa part, le professeur Samir Amin, estime que l’absence d’une véritable politique économique est la raison pour laquelle les hauts fonctionnaires de la Bceao peuvent défendre l’instrument parfait pour servir la politique économique et sociale en vigueur.

 

Walf Quotidien

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