Journée du talibé: La mendicité est encore pratiquée au Sénégal

Share Button

Les sceptiques n’auront pas eu tort. D’aucuns avaient la certitude que les enfants vont reprendre le chemin de la rue. En effet, une opération avait été lancée dans ce sens pour retirer les enfants de la rue par le Directeur des Droits de la protection de l’enfance et des groupes vulnérables du Ministère de la Femme et de l’Enfance du Sénégal.

Néanmoins, le gouvernement sénégalais n’est pas allé jusqu’au bout de la mesure. Les talibés continuent de sillonner en haillons et pieds nus, les artères de la ville de Dakar et de la banlieue en quête de pitance. Apparemment, le problème semble profond. Et, il va falloir prendre des mesures draconiennes afin que le retrait total des talibés de la rue soit une réalité. Certes, c’est une tradition sénégalaise d’envoyer les enfants à l’école coranique . Mais ces enfants sont souvent envoyés mendier dans les rues par leurs maîtres. La mendicité est encore pratiquée au Sénégal, malgré son interdiction formelle, depuis plusieurs années, par les autorités du pays.

La République s’est toujours couchée devant ces bourreaux d’enfants et leurs complices. Le retrait des enfants de la rue requiert un courage politique afin de mettre fin à la servitude quotidienne de la mendicité forcée, voire à l’esclavage, de dizaines de milliers d’enfants du Sénégal et de la sous-région. Le bon sens et l’intangibilité des droits de tous les enfants à la protection, n’acceptent pas ce non-sens et ce manque de courage politique.

Le président de la République devait accompagner cette décision pour une bonne fois, éradiquer ce fléau qui gangrène la société sénégalaise. Des milliards de francs Cfa ont été dépensés dans des programmes et projets dédiés à la lutte contre l’exploitation de la mendicité des enfants, au retrait et réinsertion des enfants de la rue, une expérience du Partenariat pour le retrait et la réinsertion des enfants de la rue (Parrer), soutenue par la Banque mondiale et l’Unicef.

Outre cela, l’environnement légal a été renforcé avec l’adoption de la loi n°2005-06 du 10 mai 2005 relative à la lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées, et à la protection des victimes. Malgré tous ces processus et initiatives publics, soutenus par la société civile et des partenaires techniques et financiers, la présence d’enfants dans les rues à des fins d’exploitation et d’abus n’a cessé de croître. Tout se passe, en effet, comme si le temps passe et laisse place à l’oubli. Et pourtant, même si l’application fait défaut, le Sénégal dispose bien d’une législation qui réprime sévèrement la mendicité. Ceux qui font mendier les enfants en vue d’en tirer profit, sont passibles d’une peine d’emprisonnement de 2 à 5 ans et d’une amende de 500.000 à 2.000.000 F Cfa.

Malheureusement, tout porte à croire que la loi interdisant la mendicité ne sert pas à grand chose.

PARTAGER

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here