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Il a toujours été serein depuis l’ouverture de son procès. Pour la première fois, Khalifa Sall perd les pédales.

On ne l’a jamais vu dans cet état depuis l’ouverture de son jugement, le 23 janvier dernier. Il aura fallu que le juge entame les confrontations entre les prévenus, pendant l’interrogatoire de fond, pour que les nerfs se chauffent. «Monsieur le juge, cette scène est pénible. Ces deux jeunes-là, ils étaient avec moi tout le temps. Si aujourd’hui ils ne peuvent pas se regarder et dire la vérité, je ne peux pas les arbitrer. Ils n’ont pas besoin que je les arbitre. Ils sont tout le temps dans mon bureau. S’ils n’osent pas dire la vérité devant tout le monde, je préfère me suicider plutôt que de les arbitrer, c’est une question d’honneur. Je suis dégoûté». C’est la déclaration servie par Khalifa Sall hier, lorsqu’il a été invité à arbitrer entre les propos contradictoires de ses deux co-prévenus Mbaye Touré et le percepteur Mamadou Oumar Bocoum. Laquelle a été suivie d’un balancement de bras en signe de mécontentement, avant de rejoindre le banc des prévenus.

En effet, le Directeur administratif et financier (Daf) de la ville de Dakar, Mbaye Touré, a estimé que son patron a reçu les fonds politiques des mains de Bocoum. Une version démentie par Bocoum, poussant le juge à appeler Khalifa Sall à la barre pour les départager. «Je n’ai jamais remis à Khalifa Sall de l’argent en mains propres. La loi me l’interdit, je respecte la règlementation», se défend-t-il. Mais le maire de Dakar ne s’est pas livré au jeu du tribunal, en refusant tout simplement de jouer à l’arbitre. Ce n’est pas la seule occasion où le maire de Dakar s’est énervé au procès. Il a, à nouveau, été appelé par le juge pour départager les propos contradictoires de l’actuel receveur-percepteur de la ville de Dakar, Ibrahima Touré, qui a pris service depuis 2015, et le Daf Mbaye Touré. Le comptable a nié avoir connaissance de la destination des fonds versés à Khalifa Sall. Réponse de Khalifa Sall invité à trancher encore : «Ce qui me gêne, c’est que je ne pensais pas que des gens pouvaient changer aussi rapidement. Je viens de m’apercevoir que je ne l’ai connaissais pas. Moi, je ne l’ai arbitrerai pas. Je regarde Mbaye Touré dans les yeux et je regarde Ibrahima Touré dans les yeux, s’ils osent mentir, c’est leur affaire».

Pape NDIAYE

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