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 May Ahmad Faty faisait partie des plus proches collaborateurs du nouvel homme fort de Banjul. Jusqu’à son éviction surprise du stratégique ministère de l’Intérieur, il était au cœur de la réforme en cours dans le secteur de la sécurité et aux manettes de la traque des présumés tortionnaires du régime de Yahya Jammeh.

Qui ne se rappelle pas quand May Faty occupait les colonnes de la presse sénégalaise pour le compte de Barrow, faisant face frontalement au « boucher de Kanilai ». Et cela lui avait valu les remerciements de tous les gambiens qui voulaient se débarrasser de Jammeh, mais surtout d’être l’oreille, la main, et la langue d’Adama Barrow. Mais au virage, après qu’il soit élu tout puissant ministre de l’intérieur, May Faty a commencé à prendre de nouveaux airs, privant au Président Barrow d’être en contact avec les vrais bulletins de renseignements, sacrifiant des hommes et empêchant à d’autres de s’insérer convenablement en Gambie après des décennies d’exil.

Voilà retracé sommairement l’histoire de May Ahmad Faty, dont la chute il y a quelques jours, contre toute attente est sans précédent. Une histoire rocambolesque, dans laquelle le désormais ex ministre de l’Intérieur serait trempé pour sa boulimie de l’argent, foulant au pied toutes les règles de bonne gouvernance et piétinant la relance sobre et vertueuse de l’économie gambienne qui a longtemps souffert.

Tout serait parti d’une réclamation faite par la société belge Simlex, spécialisée dans la biométrie, à la haute autorité gambienne, puisque près de 25 millions de Dalasis soit près de 300 millions de francs Cfa auraient été versés discrètement à May Ahmad Faty, selon nos radars, comme dessous de table pour le renouvellement des passeports et des cartes d’identité biométriques. Et cela s’est passé naturellement dans le dos du Président de la République, qui immédiatement saisi de l’affaire, aurait cherché à comprendre le fond de cette nébuleuse. On était alors le jeudi 09 Novembre 2017, et c’est au lendemain matin, après avoir su que Silmex avait reçu une promesse ferme qu’elle allait détenir 75% des parts de ce grand marché contre seulement 25% à une société locale du nom de Pristine, que le décret de limogeage de May Ahmed Faty est tombé à la surprise générale.

Le ministre aurait fait croire aux dirigeants de Simlex que les quinze millions seraient versés directement au Président de la République, et les dix millions pour ses besoins personnels, selon toujours nos sources proches de la présidence. Aujourd’hui, le ministre de la justice Ba Tambedou cumule les fonctions de ministre de l’intérieur, en attendant qu’il y est un nouveau réaménagement gouvernemental. Et depuis lors, l’ex ministre de l’intérieur est rentré dans un silence de cimetière, réfutant cependant toutes les accusations et incriminant ses adversaires d’avoir fomenter un coup d’état pour le liquider. Nous y reviendrons

La rédaction

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