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L’industrie des mines doit être capable de s’adapter aux « besoins physiologiques » des femmes et leur permettre d’avoir « un accès conséquent » aux comités de direction des compagnies minières, estime Lika Scott Sow, présidente de l’association « Women in Mining ».


« Le message est de dire qu’il y a des différences physiologiques entre hommes et femmes, et non au niveau des compétences, et que ce n’est pas aux femmes de s’adapter ou de se substituer aux hommes pour pouvoir travailler dans le secteur minier », a-t-elle soutenu.


Lika Scott Sow participait à un panel organisé jeudi à Dakar, dans le cadre de la deuxième édition du Forum « New African Woman ». Il portait sur le thème « Les femmes dans les mines, comment prospérer dans un secteur dominé par les hommes ? »


Au nom de l’égalité des chances, « l’industrie minière doit être capable de s’adapter aux besoins physiologiques de la femme », a fait valoir cette activiste.


« Il y a des exigences fondamentales que ces compagnies doivent tenir en compte, comme pour le cas des congés maternité’’, rallongés selon elle par certaines compagnies avec réduction de salaire, « ou encore la mise en place de crèches au sein de ces entreprises », a souligné Mme Sow.


Elle a cité les résultats d’une ’’récente étude’’ selon laquelle les comités de direction de quelque 500 compagnies minières mondiales ne comptent que 7,9% de femmes.


Aux termes de cette étude, a indiqué Lika Scott Sow, 53% des compagnies minières ne comptaient, en 2012, que des hommes au sein de leurs comités de direction, des statistiques qui ont « baissé jusqu’à 39% » en 2015,


« Selon cette même étude, il faudrait attendre 2039 pour que ces compagnies puissent » compter « 30% de femmes » dans leurs comités de direction, « ce n’est pas acceptable », a déploré Lika Scott Sow.


Au niveau africain, « deux principales barrières empêchent les femmes de prospérer » dans ce domaine, il s’agit selon elle des barrières socioculturelles, le secteur des mines étant « encore perçu comme un secteur masculin », sans compter « les barrières relatives à l’égalité des chances », a-t-elle souligné.


Des séminaires de sensibilisation ont été organisés par l’association « Women In Mining », créée en 2012 et qui a notamment pour objectif de « faire le plaidoyer et montrer aux acteurs publics et privés que les femmes ont leur place dans le secteur minier », a-t-elle signalé.


Le besoin de formation est cependant « inévitable, si l’on veut changer les choses en incitant les jeunes filles dès le collège à s’intéresser aux filières scientifiques comme la géologie », a ajouté Mme Sow.


« Et nous prévoyons dans ce cadre de mettre en place un projet dénommé +Girls for Mining+ pour sensibiliser les meilleures jeunes filles des différentes régions du pays », a annoncé Lika Scott Sow.


En outre, « pour casser les barrières, l’entreprenariat dans le secteur minier pourrait être une solution, car des niches énormes sont encore non exploitées surtout avec la transformation des matières premières », a conclu la présidente de l’association ’’Women in Mining’’.

Avec Aps

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