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S’il y a une intervention qui a captivé, émerveillé toute l’assistance au cours de ce magal commémorant les quinze ans de Serigne Touba à Diourbel ; c’est bien entendu celle du docteur Abdoulaye Niane, chercheur et professeur à l’université de Bambey. A la question de savoir si le mouridisme peut être un levier du développement du Sénégal ? Le professeur a d’abord montré les forces et faiblesses du mouridisme avant de proposer des solutions pour résoudre ces difficultés.

«Le Cheikh a pratiqué une politique opérationnelle à travers tout le pays en implantant des cheikhs et des mosquées un peu partout à travers le pays ce qui lui a permis de s’instaurer définitivement. Cent ans après le mouridisme est là encore plus fort que jamais», a introduit le professeur.

Mais le natif de Touba, prenant le développement sous ces trois aspects à savoir la croissance, l’éducation et la santé, considère que la communauté mouride ne s’est pas encore dotée d’un instrument pour relever le défi du développement au Sénégal. Si on prend la croissance qui se définit comme création de valeurs ajoutées grâce à la production. Sur ce plan, il fait remarquer que « l’activité des mourides tourne au tour du commerce or le commerce est le plus faible maillon de la chaîne des valeurs et de l’accessoirement ils font de l’agriculture mais une agriculture pas compétitive car peu motorisée et fortement consommatrice de main-d ‘œuvres».
Concernant le second aspect, c’est-à-dire l’éducation et la formation ; il dit qu’« en dehors de l’éducation religieuse qui n’existe qu’à la base, il y a une absence de visibilité systémique sur le supérieur et une absence inexplicable dans la formation professionnelle. Il y a cependant des réussites qu’on peut souligner : l’exemple de Serigne Mourtalla Mbacké».
Et enfin pour le troisième aspect : autrement dit celui de la santé, il affirme ne voir aucune action nette sur ce secteur laissé à l’Etat. Pourtant dit-il « beaucoup de leaders de cette communauté sont obligés d’aller se soigner à l’étranger. Les infrastructures sanitaires sont insuffisantes à Touba et il y a une pratique frauduleuse de la médecine, l’eau consommée est douteuse, il y a des maladies endémiques, des trafics de médicaments, des pharmacies clandestines».
Ainsi le professeur n’a pas fait que des critiques ; il a proposé des solutions aussi. Il s’agit selon lui « de dégager une stratégie de développement conforme aux valeurs de la communauté. Démontrer l’existence d’une solidarité réelle et une communauté soudée, mobiliser un potentiel d’épargne public dans la communauté pour financer les projets à hautes valeurs ajoutées par exemple dans l’agriculture, l’exploitation minière».

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