News Ousmane Seck : «Wally a eu la chance et d’ici 10 ans, il sera difficile de voir un artiste faire une progression aussi fulgurante»

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De sa nouvelle dimension dans le landerneau musical aux projets et chantiers qui le préoccupent, le chanteur Ousmane Seck a été prolifique. Simple et discret dans la vie, le petit frère de Thione Seck est très conscient sur les orientations de sa carrière. Le lead vocal d’Ouz Band qui est dans un tournant majeur de sa carrière s’est aussi prononcé sur la montée en flèche de Wally, la réconciliation Thione Seck-Assane Ndiaye mais aussi le dossier brulant d’Amy Colle Dieng .


Vous êtes talentueux mais pourquoi votre carrière a tardé à prendre son envol ?

Vous savez que nous avons opté pour travailler dans la durée et quand tu évolues derrière un ténor, c’est tout naturellement que tu te ranges derrière lui. Je suis resté 6 ans avec Thione, 5 ans chez Mapenda, et puis j’ai continué mon évolution mais en ne grillant pas les étapes. Personnellement, je n’ai jamais versé dans la rivalité et j’ai opté très tôt de suivre les étapes pour affiner ma carrière. J’aurai pu me lancer seul si j’étais obnubilé par le buzz, mais je travaille pour une autre approche, dans la durée, pour asseoir quelque chose de durable. Là où d’autres ont vite plongé pour se positionner, moi j’ai pris l’option de travailler pour maitriser les fondamentaux et aujourd’hui que j’ai lancé ma carrière solo, je ne le regrette pas. Ma devise, c’est avancer calmement mais sûrement.

Quel est désormais votre positionnement dans le paysage musical sénégalais ?

C’est impossible de le dire personnellement, je ne peux pas faire mon propre jugement. Par contre, on ne peut pas parler de 5 à 6 artistes qui marchent sans me citer. J’aurai pu être en tête un moment et puis disparaitre. On a vu tout le temps des artistes qui ne font pas dans la durée et qui disparaissent après quelques éclats. La musique n’a pas d’âge et certains ténors défient le temps et existent toujours. Il n’y a pas de secret, pour exister dans la musique, il faut travailler son image, être un excellent chanteur, savoir gérer le succès, gérer sa carrière. Aussi, c’est important, le public est amateur chez nous et dans le milieu, les gens fonctionnent par clans. Sur le pan artistique, le public est profane et il y a peu de mélomanes qui recherchent la qualité musicale.

Revenons sur vos ambitions ?

J’ai déjà du vécu, 5 albums, des anniversaires et soirées dans les plus grandes salles, maintenant mon ambition principale, c’est de sortir des produits et satisfaire le public. J’ai réussi à imposer des RV hebdomadaires avec mon public et je prépare une tournée internationale qui reste à être bouclée. Je regarde de l’avant et je réserve encore beaucoup de choses aux fans, le meilleur reste à venir.

Quels sont réellement les problèmes de la musique sénégalaise ?

D’abord, les chanteurs doivent apprendre car la musique est un art qu’il faut maitriser et connaitre les variations qui font tilt. Le chanteur est d’abord un éducateur et on ne peut rien éduquer sans l’avoir appris et maitriser. Je pense que c’est d’abord à ce niveau que se pose le problème, connaitre le sens de ce que l‘on fait, avoir des notions sur l’arrangement, la composition. Les musiciens jouent sur des accords et pour surfer sur ça, il faut le minimum de connaissances. Aussi, pour les artistes, il faut être imprégner de ce qui marche sur l’International. Pouvoir faire la différence entre le style qui vend à Dakar et ce qui se consomme sur l‘International. Ensuite, face à la piraterie, il faut trouver des alternatives et éviter de tomber dans la facilité rien que pour exister. Nous avons de bons musiciens, des chanteurs talentueux, il reste à lancer une véritable industrie pour asseoir notre genre musical, quitte à s’inspirer de ce qui sa fait de mieux au monde.

Votre dernière vidéo a fait le buzz…

Oui les retours sont très enchanteurs et je suis resté 4 à 5 ans sans produire de vidéos, c’est pourquoi le public a bien apprécié ce produit. Avec le nouvel album, nous comptons mettre en boite les quatre morceaux pour offrir au public du visuel. J’en profite pour remercier Lourass Diop de Nomade qui a fait la vidéo et je suis satisfait de son boulot mais je reste gourmand, je cherche à faire plus. Si nous arrivons à boucler la tournée internationale d’ici la fin de l’Eté, cela peut coïncider avec la sortie des vidéos et nous travaillons sur cela.

La réconciliation Thione Seck-Assane Ndiaye vous a-t-elle surpris ?

Pas du tout et c’était un vœu pieux et tout le monde à un moment s’est investi pour rétablir la paix entre eux. D’ailleurs, Thione , lui-même s’est toujours investi pour l’avenir de ses frères et lui-même disait qu’il pardonnait, à titre de tuteur, à tout le monde ? Je remercie le bon Dieu d’avoir arrondi les angles car il faut le dire, Thione a fait beaucoup de choses pour chacun de nous et en tant de Kilifa, il accepte et comprend que c’est lui la tutelle quoiqu’il advienne. C’est lui qui a porté haut le nom de Faramarène et pour la petite histoire, c’est Thione qui a presque éduqué Assane Ndiaye. Moi, personnellement, c’est grâce à lui que je me suis mis à niveau donc c’est un plaisir et même un honneur que Thione tourne la page et qu’Assane , désormais , soit conscient que c’est toute a famille, les fans qui y gagnent. C’est sur Internet que j’ai eu la nouvelle et je m’en suis réjoui car la parenté est plus forte que tout.

Que dire de la montée en puissance de Wally Seck. N’a-t-il pas une réussite prématurée ?

Difficile de parler de son fils. Dieu peut tout faire mais Wally, franchement, est une exception. A la différence de nous qui avons eu une formation longue et difficile, Wally a eu a chance et d’ici 10 ans, il sera difficile de voir un artiste faire une progression aussi fulgurante, avec des résultats aussi étonnants. Wally, c’est une étoile, une fierté. C’est mon fils, en 5ans, il a fait des pas de géant que même son père n’a pas fait . C’est tellement vrai que certains en arrivent à dire qu’il chante mieux que son père, mais c’est méconnaitre la réalité du showbiz. Wally a du talent mais Thione a su s’inscrire dans la durée, c’est là le challenge de Wally, de copier la longévité musicale de son père, de gérer le legs artistique. Nous prions pour que son succès s’éternise et puis d’autres de ses frères sont en route pour le suivre dans son évolution. Je leur conseille de bien travailler leur art, de mériter l‘attention que le public porte sur eux.

L’actualité, c’est l’affaire Amy Cole Dieng. Vous en dites quoi ?

J’en suis triste et je regrette pour elle-même si je l‘avoue je n’ai pas écouté les propos pour lesquels elle est poursuivie. Maintenant tout le monde est sur écoute et avec les élections législatives qui ont fait craindre, c’est un malheureux débordement du fait d’un parti pris, d’une appréciation politique. Nous prions pour qu’elle s’en sorte même si c’est mieux pour elle qu’une maladie handicapante ou autre chose. Mais de toute façon, c’est une leçon pour les artistes et célébrités et désormais personne n’est à l’abri de pareilles choses. Donc il faut savoir raison garder et prier pour que pareils cas ne se reproduisent.

Vous avez opté pour jouer toutes les semaines en Live, pourquoi ?

Pour contourner les effets de la piraterie, pour faire plaisir au public mais aussi aider le groupe à asseoir une visibilité. C’est plus une stratégie qu’une recherche de moyens car si tu refuses, d’autres artistes de moindre standing, acceptent et évoluent pendant que tu t’acharnes sur les problèmes structurels de la musique. Aussi il y a peu d’endroits pour se produire mais j’ai opté pour avoir une plus grande proximité avec mon public et j’ai des gens expérimentés qui s’en chargent. C’est une manière de marquer son empreinte dans le Dakar qui bouge mais cela aide aussi dans la visibilité, c’est comme lancer un clip ou un album, c’est renouer le fil avec les fans.

Votre femme est toujours à vos côtés mais dans l‘ombre…

Comme le dit le dicton, derrière chaque grand homme, il y a une grande dame, et la mienne s’occupe de tout ce qui a trait dans ma carrière. Si je ne lui ai pas encore dédiée une chanson, c’est pour éviter le « Thiat », mais elle e mérite amplement car elle s’investit beaucoup pour la réussite de ma carrière .

On vous dit timide, poli et respectueux. N’est-ce pas un frein dans la jungle du showbiz ?

Non, je ne le crois pas. Je pense plutôt qu’il faut rester soi-même et respecter son art pour progresser. Je resterai moi-même et le plus important, c’est d’être un excellent musicien, un excellent chanteur et se donner à fond. Mais pas d’impolitesse encore moins de vulgarité. Moi, je n’aime pas le buzz facile et ce sont ceux qui t’encensent aujourd’hui qui te critiquent demain. Je reste timide, très poli comme on veut, je ne parle jamais pour ne rien dire. Même pour les médias, j’apparais quand j’ai quelque chose à dire. Je reste naturel et je le resterai pour toujours.

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