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Depuis 2011, le berceau du Mouridisme, la ville sainte Touba, évolue et innove en matière scientifique dans son programme de préparatifs du grand Magal de Touba.

Le comité d’organisation du Grand Magal avait opté pour incorporer dans ses activités pré-Magal des colloques scientifiques qui abordaient des thèmes relatifs au soufisme durant ces sept dernières années. Une initiative qui avait été saluée de par sa pertinence et de son importance par toute la communauté mouride dans son entièreté.

Ces activités dans leur ensemble, s’accomplissent au nom de tous les adeptes de la confrérie notamment son Calife (que Dieu le protège) mais surtout financées par l’altruisme (Hadiya) des talibés.

Après sept ans d’organisation avec des centaines de participants venus de tous les continents, acheminés par des compagnies luxueuses, et logés dans des hôtels très somptueux, il est judicieux qu’on fasse un bilan sérieux pour mieux appréhender le travail des hommes de Cheikh Bass Abdou khadr.

Faisant une évaluation comparative des résultats de ces activés et leur coût de financement, on aurait très honnêtement dû y mettre fin.

Il faut se référer à la définition d’un colloque pour corroborer cette dernière affirmation.

Alors qu’est-ce qu’un colloque ?

Un colloque est une réunion visant l’étude d’une question scientifique ou à la discussion de problèmes diplomatiques, économiques, politiques, ou social, etc.

Un colloque ne doit pas se limiter à dénombrer les participants et en se réjouissant de la multiplicité de leurs nationalités.

L’objectif d’un colloque est de réunir des chercheurs et des universitaires de qualité, pour examiner une problématique afin de trouver des solutions efficaces.

Le but d’une telle activité ne doit pas être un séjour touristique, durant lequel les uns et autres en profitent pour aller découvrir notre jolie île de Gorée en bénéficiant d’une visite guidée dont les dépenses sont entièrement à la charge des Talibés par leurs Hadiyas.

Les intervenants ne doivent pas être là pour une balade ou une promenade, ils doivent avoir l’obligation de présenter une recherche scientifique digne de son nom et produire à la fin un document net et exploitable qui sera la feuille de route pour résoudre les questions étudiées.

Par expérience, je n’ai jamais participé ni assisté à un colloque se déroulant de la sorte. Chaque année ils (les organisateurs) nous présentent un thème et nous tiennent ces propos : « cette réunion a pour but de faire ceci ou cela, ».

Chers messieurs les organisateurs, un problème à vocation internationale ou intercontinentale pour reprendre vos termes ne se règle pas avec des paroles  en l’air. Il faut un travail sérieux et des avancées concrètes pour au moins amener un début de solution.

 

 

Y’a t-il eu des résultats concrets générés par ces grands rendez-vous ?

Les études et recherches qui ont été effectuées ont-elles déjà réglées un conflit ou même participées à sa résolution ?

Les retombés de ces festivités ont-elles réussi à chasser le terrorisme, qu’ils prétendent lutter, du continent ou aider la communauté internationale à relever l’un des défis sécuritaires du continent africain pour ne pas dire du monde entier ?

Le comité d’organisation détient-il un seul document issu de l’un des panels de ces rencontres internationales qui se tiennent pendant la période du Magal ?

La réponse sans équivoque sera NON.

Je serais très fier et très honoré de voir la solution des conflits régionales ou mondiales venir de Touba;

Je serais très heureux d’avoir à ma possession un document palpable établi par des chercheurs de haut niveau qui porte la marque de la ville sainte (Touba) que je pourrai apporter aux rencontres internationales auxquelles je participe régulièrement.

C’est intolérable et déplorable de voir toujours des figures qui ne comprennent aucune des langues de travail des colloques, ni l’arabe ni le français prendre place au tour de la table côte à côte avec les intervenants.

On assiste plus à un défilé de mode pour servant d’exposition des plus belles broderies et des plus longues Chéchias. Malheureusement, ces activités s’inscrivent dans la liste des obsolètes.

Pour que ces colloques soient couronnés de succès et puissent atteindre les objectifs réels d’un colloque, il faut les confier à des personnes aptes, choisies pour leurs compétences et non pour leurs appartenances. Comme je l’avais dit au sujet de l’université il y a quatre ans, on a un problème au sein du Mouridisme concernant la répartition des tâches ou l’attributions des rôles.

C’est un travail scientifique il doit être géré par des personnes instruites.

Bon Magal à tous!

Ahmadou Mokhtar SYLLA, Paris- France, Magal 2017

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