« Le PIB de l’Afrique croîtra de +2,6 % en 2017 », estime Euler Hermes

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Des traders à la Bourse de Lagos, au Nigeria, en juin 2016.

Malgré des risques politiques, des risques de change et l’augmentation globale de la dette publique en Afrique, le leader mondial de l’assurance-crédit, Euler Hermes, estime, dans sa dernière analyse, que le continent dispose d’un potentiel économique très encourageant.

Dans sa dernière analyse de l’économie africaine, publiée lundi 10 juillet, le leader mondial de l’assurance-crédit, Euler Hermes, commence par évaluer les risques qui peuvent accroître les difficulté de financement du continent.

« L’incertitude politique (…) reste la préoccupation principale », peut-on  lire dans le rapport, qui cite notamment le Gabon, le Ghana et le Nigeria. Euler Hermes évoque également le cas de l’Afrique du Sud, où « l’actualité politique récente ne révèle aucune volonté de mettre fin à cette stagnation de la croissance ; au contraire, la dette publique continue d’augmenter, à 53% du PIB en 2017 ». Selon l’assureur crédit, cette incertitude pénalise les performances économiques et les investissements directs étrangers.

Risque de change

La société d’assurance-crédit, détenue en majorité par le groupe Allianz, pointe également le risque de change dans les pays où le taux de change est – ou était – fixe, comme le Nigéria et l’Angola. « La crainte du flottement de la monnaie a (…) aggravé la crise de liquidités », estime le rapport.

Concernant le Nigéria, « les contrôles des capitaux mis en place afin de maintenir le rattachement à une monnaie forte ont largement affecté la croissance (-2% en 2016) », ajoute Euler Hermes.

L’assureur-crédit évoque également la dette externe de l’Afrique, qui a récemment augmenté à 32% du PIB, mais qui reste encore inférieur à son record de 2002, lorsqu’elle avait atteint 55% du PIB.

S’il écarte tout problème de solvabilité généralisé sur le continent, Euler Hermes s’inquiète de l’augmentation de la dette publique dans les pays à l’équilibre budgétaire fragile, comme l’Algérie, l’Angola, la Libye et le Nigeria, qui a parfois  « contraint à revoir à la baisse certaines dépenses budgétaires, pourtant essentielles pour la cohésion sociale et la poursuite du développement. »

Le développement des entreprises africaines est une réalité

Malgré ces risques, Euler Hermes reste positif quant-aux perspectives économiques du continent : « Le continent africain dispose d’un potentiel économique considérable, explique Stéphane Colliac, économiste senior de la société. Le développement des entreprises africaines est une réalité. D’ailleurs, nous estimons que le PIB de l’Afrique croîtra de +2,6 % en 2017. »

Signes d’embellie économique

L’assureur-crédit relève ainsi des signes d’embellie économique, même dans les pays en difficultés, comme l’Afrique du Sud où il prévoit une baisse de l’inflation à 5% en 2017, « ce qui donnera un peu de répit à l’économie ».

Euler Hermes salue également les réformes en Égypte, comme la libéralisation du taux de change et les coupes budgétaires dans les subventions publiques, qui « ont été fondamentales pour rééquilibrer l’économie ». A en croire l’assureur-crédit, les résultats sont déjà visibles : « Il n’y a plus de risque de liquidité : les réserves de change couvrent à nouveau 7 mois d’importations, soit le niveau d’avant-crise, et l’écart entre le taux de change officiel et le taux de change au marché noir a disparu. »

De nombreux pays ont continué de bénéficier des conséquences positives des réformes engagées antérieurement, malgré le contexte plus difficile

Au Maroc, Euler Hermes remarque le retour de la croissance, et souligne que « la consommation publique et privée a bien résisté en 2016 et la reprise devrait se manifester en 2017 (…) Les difficultés de la production agricole expliquent la faible croissance en 2016 (+1,1%) mais son rebond sera le principal contributif d’une croissance attendue à +4,5% en 2017. » L’assureur salue également le prochain assouplissement du taux de change du dirham et la vulnérabilité extérieur du Maroc, « plutôt limitée ».

Au Nigéria, « la fin du contrôle des capitaux en mars 2017 a enfin atténué le problème du taux de change et a contribué à stabiliser l’activité économique. La croissance du PIB est attendue à +1% en 2017 », relève le rapport.

Surtout, en dehors des pays susmentionnés, qui ont connu des difficultés particulières, le rapport souligne que « de nombreux pays ont continué de bénéficier des conséquences positives des réformes engagées antérieurement, et ce malgré le contexte plus difficile (Sénégal, Kenya, Rwanda, Ethiopie) ».

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