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Sous haute sécurité, plus de deux millions de musulmans entament mercredi leur pèlerinage à La Mecque. Cette année est notamment marquée par le retour des fidèles iraniens et par la crise diplomatique entre l’Arabie saoudite et le Qatar.

Plus de deux millions de musulmans entament, mercredi 30 août, le grand pèlerinage à La Mecque. Les autorités saoudiennes ont mobilisé d’importants moyens et se sont dites prêtes à parer à toute éventualité alors qu’il y a deux ans, une gigantesque bousculade avait fait près de 2 300 morts.

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« Chaque fois, ce sont de nouvelles émotions », affirme à l’AFP Tidjani Traoré, consultant dans la fonction publique originaire du Bénin, qui effectue son 22e pèlerinage à l’âge de 53 ans. Au fil des ans, « il y a eu des innovations dans le domaine de l’organisation et l’accueil des pèlerins. Aujourd’hui par exemple, les tentes sont climatisées », ajoute-t-il.

De l’esplanade de la Grande Mosquée aux sept minarets, les pèlerins convergent à pied vers la Kaaba, construction cubique enveloppée d’une lourde étoffe de soie noire brodée au fil d’or de versets coraniques. C’est dans sa direction que les musulmans du monde entier se tournent pour prier et autour de laquelle les pèlerins effectuent les sept tours rituels (tawâf). Les fidèles se rendront ensuite à Mina, à cinq kilomètres à l’est de La Mecque, où s’amassent des centaines de milliers de pèlerins avant d’entamer jeudi à l’aube l’ascension du mont Arafat, le moment fort du pèlerinage.

Retour des fidèles iraniens

Cette année, le pèlerinage est marqué par le retour des fidèles iraniens, absents l’an dernier. La bousculade meurtrière de 2015 avait fait 464 victimes iraniennes et, quelques mois plus tard, Riyad et Téhéran avaient rompu leurs relations après l’exécution d’un dignitaire chiite en Arabie et l’attaque de missions diplomatiques saoudiennes en Iran.

« Assurer la sécurité des pèlerins est notre priorité », a insisté mardi le général Mansour Al-Turki, porte-parole du ministère de l’Intérieur. Plus de 100 000 membres des forces de sécurité ont été déployés sur les différents sites du pèlerinage.

Le hajj intervient aussi dans un contexte de crise diplomatique entre l’Arabie saoudite et ses alliés d’un côté, et le Qatar de l’autre. Le boycott imposé au Qatar depuis le 5 juin, qui comprend notamment la fermeture des liaisons maritimes et aériennes, a empêché de nombreux Qataris de venir au hajj cette année, même si Riyad a assoupli les conditions d’entrée par la voie terrestre, à deux semaines du pèlerinage.

>> À lire aussi : Le Qatar défie l’Arabie saoudite et renoue avec l’Iran

Le pèlerinage est incontestablement une source de revenus pour le royaume saoudien. Le plan de réformes économiques « Vision 2030 », dessiné dans un contexte de chute du prix du pétrole, comprend l’essor du tourisme religieux. Selon des chiffres officiels, le nombre de pèlerins venus de l’étranger est en augmentation par rapport à 2016.

Avec AFP

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