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L’emploi a migré sur la période 2014-2018 du secteur primaire au secteur tertiaire, sans pour autant passer par le secteur secondaire. Il est respectivement de 46%, 13% et 41% sur la période de la mise en œuvre de la première phase du plan contre 49%, 14% et 37% entre 2009 et 2013 dans les secteurs primaire, secondaire et tertiaire. Ce même rapport indique que les industries, peinent encore à absorber le surplus de travailleurs du secteur primaire.

Et même, des niveaux de productivité très faibles pouvant engendrer une croissance forte et durable, ont été constatés. La décomposition de la croissance sur la période 1995-2018 indique que la productivité totale des facteurs a rarement dépassé 1,5%. Sur la période de 2014-2018, la contribution de la productivité totale des facteurs à la croissance est de l’ordre de 1,3% contre -0,8% entre 2009 et 2013.

Sous ce registre, la productivité totale des facteurs, insistent les experts, devrait jouer un rôle déterminant pour maintenir de façon durable une croissance au-dessus de la cible des 7% par an. Ils estiment que le niveau de productivité est toujours faible pour être à la base d’une croissance forte et durable par rapport aux pays comparateurs. Le rapport dévoile que les contraintes majeures à la transformation structurelle de l’économie, dérive de la taille du secteur informel, des problèmes liés à la bonne gouvernance, l’état de santé de la population active et la faiblesse du capital humain, à savoir le faible niveau d’éducation, la qualification et la compétence des ressources humaines.

Dégradation de la situation de l’emploi

La situation de l’emploi se dégrade davantage d’année en année. Face à ce constat, les rapporteurs dresseht un tableau sombre de l’emploi du pays. Et pourtant, le président de la République, Macky Sall promettait en moyenne 500 000 emplois/an. N’empêche, le rapport décèle une faiblesse du taux d’emploi, la précarité de ces mêmes emplois et les disparités liées au sexe et au milieu de résidence.

Le taux de chômage se situe en moyenne en 2017 à 15,63%. Il s’agissait d’un taux légèrement plus élevé en milieu urbain qu’en zone rurale. Cette situation touche près de 22,5% des femmes et 9,5% des hommes. Pis, la rémunération des emplois salariés demeure faible. Le salaire médian se situe à 54 000 FCfa et plus de la moitié de ces salariés gagne moins de 74 000 FCfa.

L’agriculture, regroupant 48% des travailleurs, est le secteur qui emploie le plus en 2014. Elle est suivie des services avec 40% des emplois. Malgré tout, l’essentiel des emplois restent informel, soit 89%, dont 50% dans l’agriculture. Et, sur la période de 2000 à 2014, l’analyse de la relation entre la production et l’emploi, montre que les chocs sur la croissance de la valeur ajoutée, se répercutent plus sur la productivité des travailleurs que sur le taux d’absorption de la main-d’œuvre.

Et, le document indique que ce résultat reflète la faiblesse de la croissance économique à générer plus d’emplois en période d’expansion et à maintenir la productivité des travailleurs en période de régression. Cette situation, dit-on, se confirme au regard du niveau très faible de l’élasticité de l’emploi à la croissance.

Les agents ont relevé dans le cadre de l’analyse, un déficit d’harmonisation des interventions sur l’emploi. « Si le régime a mis en place plusieurs programmes d’insertion des jeunes à savoir l’Anpej, Papejf et Onfp, appuyés par de nombreux fonds de financement, il subsiste un problème de concertation et d’harmonisation des actions. Le tout, marqué par une absence d’intervention dans certaines phases du dispositif d’insertion, telles que l’orientation, l’insertion par l’emploi salarié et la formation », déplorent-ils.

L’accroissement de la pauvreté

Le rapport exploité prévient que même si le taux de pauvreté est en baisse dans le pays, le nombre de pauvres continue d’augmenter. Le taux de pauvreté a sensiblement baissé sur la période 2001-2011, passant de 55,2% à 46,7%. La tendance à la baisse se confirme avec une incidence de la pauvreté, estimée à environ 42% en 2014.

Mais, ces économistes estiment que le nombre de pauvres, en lien avec un coût démographique encore élevé, soit 2,5% en moyenne, continue d’augmenter. Cette tendance de la pauvreté, déduisent-ils, cache d’importantes disparités, faisant que Dakar jouit d’une situation nettement plus favorable que les autres régions du pays.

O WADE Leral 

Ousseynou Wade

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