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Au lendemain des marches réprimées de dimanche, la maternité du Saint-Sacrement, située juste en face de l’église du même nom dans le quartier Delvaux à Kinshasa, fait le bilan. Une maternité où, selon des témoins, la police a tiré des gaz lacrymogènes après que quelques paroissiens qui venaient d’être dispersés y ont trouvé refuge. Ce lundi, les patientes et les responsables de cette maternité de 60 lits étaient encore sous le choc.

« Par exemple là, il y a une place où plusieurs morceaux de ces bombes lacrymogènes sont tombés ». Au sol, le père Aniclet nous montre un petit bout d’herbe calciné par une douille de bombe lacrymogène. Il en a compté sept au total : « Il est tiré de l’extérieur. C’est intolérable. Des bébés inoffensifs qu’on puisse leur lancer des gaz lacrymogènes sans se rendre compte de ce qui pourra advenir pour leur vie ».

Lorsque les gaz ont envahi sa chambre, Maman Zizine, prise de panique, est parte s’abriter sous son lit, son bébé de 3 jours dans les bras, avec du mal à respirer et la peur que son enfant suffoque : « Je ne sais pas si ce gaz-là va créer quelque chose sur la santé de mon bébé. C’est ce qui m’inquiète ».

Agnès, elle, a bondi de son lit et s’est mise à l’abri dans le couloir : « Ici, il y avait du gaz et de l’autre côté, il y avait des coups de feu. Et puis comme des bombes comme ça, boum. Et on était cachées là avec toutes ces mamans ».

Un stress tel qu’Esther en a perdu les eaux et a fini par accoucher en fin de matinée 15 jours avant son terme : « Ça m’a fait très peur. Puis la douleur que j’avais là. Je n’ai pas pu supporter. Dieu nous a aidés, j’ai mis au monde un garçon ». Pour le moment, tous les bébés vont bien, mais l’accoucheuse reste prudente.

Le personnel de la maternité assure qu’un policier est ensuite venu récupérer les douilles de bombe lacrymogène. Mais l’odeur du gaz, elle, a persisté une partie de la journée.

 

Auteur: RFI – RFI

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