Share Button

Rien ne va plus dans les rangs du parti présidentiel. Non seulement ça grogne de partout, mais toutes les structures sont surtout en hibernation 

selon des responsables du parti. Et comble de tout, les responsables se font une guerre sans merci, chacun cherche à détruire l’autre.

Au moment où le Président Macky Sall se réjouit de l’alliance avec ses alliés de Benno Bokk Yaakaar: l’Afp, le Ps, la Ld, etc, sa case brûle. Depuis quelque temps, ça grogne fort, le feu couve dans sa formation politique. Des hauts responsables du parti ruminent leur colère. Beaucoup d’entre eux ont d’ailleurs gelé leurs activités dans le parti. «L’Apr est en léthargie, elle a volé en mille morceaux, nous n’avons plus de parti», lance un député apériste. Ce dernier qui parle sous le couvert de l’anonymat pour ne pas subir les foudres du parti, martèle avec force que l’Apr n’existe que sur le papier, mais sur le terrain, il n’y a rien. «C’est le désert ; les gens font semblant pour être vu par Macky Sall, mais sur le terrain ils ne font absolument rien», dit-il.

Depuis que Thierno Alassane Sall a claqué la porte du parti, la structure des cadres dont il était le coordonnateur ne se réunit plus. Thérèse Faye ne bouge plus avec la Cojer, la structure des jeunes. D’ailleurs, désormais tous les communiqués de la Cojer sont signés par la cellule de communication de la présidence de la République. Youssou Touré a démissionné de son poste de coordonnateur national du Réseau des enseignants de l’Apr. A Guédiawaye, Seydina Fall Bougazelli a décidé de croiser les bras. Il en est de même de Lat Diop. Ils sont tous les deux frustrés par la gestion du parti, selon un proche du député. La structure des femmes elle est aussi en léthargie, selon une de ses animatrices.

Et ce n’est pas seulement au niveau de la base qu’il y a des problèmes. Même la direction du parti est plombée. A en croire nos interlocuteurs, le Secrétariat exécutif national, «la seule instance où les gens peuvent discuter des problèmes du parti», est devenu inerte. Il reste parfois deux mois sans être convoqué par le Président Macky Sall. «En plus le SEN est devenu pléthorique. Trop de monde pour un organe dirigeant», fustige notre interlocuteur. D’après ce dernier, le Président Macky Sall recevait régulièrement les responsables des structures au tout début, discutait avec eux. Mais depuis des années, il ne reçoit plus personne, ne parle à personne, dit-il.

«L’ennemi de l’Apr, c’est l’Apr»

Un autre responsable dénonce «l’indiscipline et la méchanceté ambiante» qui règnent en maître dans le parti. «Chaque camarade veut détruire son prochain. Nous sommes en train de nous autodétruire à travers des invectives, des insultes. Dans les journaux, on ne parle que de saletés, d’invectives», déclare cet autre apériste. «L’ennemi de l’Apr, c’est l’Apr. Les camarades font des attaques bêtes et méchantes envers leurs propres camarades. Le spectacle que nous offrons aux Sénégalais est vraiment désolant. Otes-toi de là que je m’y mette, voilà le slogan que nous offrons aux Sénégalais. Aujourd’hui, les seules armes qui vaillent c’est l’insulte, la diffamation et la propagande pernicieuse contre des camarades», poursuit-il, ajoutant qu’il y a des camarades du parti qui ne sont là que pour de petits complots. «Ils complotent contre leurs camarades. Ils méprisent leurs camarades. Personne ne veut voir personne. Et on veut bâtir un grand parti qui envisage de laisser à la postérité d’excellents souvenirs», fulmine notre interlocuteur. «Il y a une certaine anarchie ambiante à laquelle il faut mettre fin», renchérit un membre de la structure des femmes. Cette dernière dénonce l’ostracisme qui y règne en maître. Et d’après elle, si à l’Apr on ne fait pas face à l’opposition, c’est parce qu’il y a des problèmes. «Et si on continue il y aura implosion», prévient-elle.

Ainsi, ces responsables mettent en garde le chef de l’Etat. Ils préviennent que cette anarchie ambiante risque de poser des problèmes. «Il faut que les responsables du parti se ressaisissent sinon nous courons droit vers l’échec. Nous avons tous les atouts pour convaincre les Sénégalais. Parce qu’avec l’arrivée du Président Macky Sall il a eu beaucoup de progrès», indique un de nos interlocuteurs qui dénonce pourtant le manque de volonté politique de Macky Sall pour mettre fin à cette «pagaille». «Nous sommes un parti de masse, c’est donc normal qu’il ait quelques difficultés, mais je crois aussi qu’il est temps de siffler la fin de la récréation. Il ne faudrait donc pas qu’on divertisse les Sénégalais, il faut qu’on y mette un peu plus de sérieux», renchérit ce député.

«Nous sommes un parti au pouvoir, il faudrait qu’on comprenne aussi que les citoyens attendent de nous des solutions à leurs problèmes. Il faut qu’on apprenne à se parler dans la courtoisie et qu’on redescende sur terre, qu’on comprenne qu’aucun pouvoir n’est éternel», dit-il.

 

Charles Gaiky DIENE

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here