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Se présentant comme un produit et partenaire du système éducatif sénégalais, Bougane Guèye Dany était hier au chevet des enseignants. Après avoir discuté plusieurs tours d’horloge avec les responsables du mouvement syndical, il s’est engagé à peser de tout son poids dans une perspective de sortie de crise. Notamment en démarchant une rencontre entre le chef de l’Etat et ses partenaires sociaux susnommés.

Alors que les négociations entre l’Etat et les syndicats d’enseignants n’ont de cesse d’achopper sur une impasse, le président directeur général du groupe Boygues a offert hier ses bons offices en vue d’aboutir à une solution durable de sortie de crise. Bougane Guèye Dany, qui était en conclave avec les syndicalistes, s’est montré sensible à leurs revendications. Il a, dans le même temps, déploré les dommages collatéraux subis par les élèves ainsi que la déliquescence actuelle d’un système éducatif dont il se présente comme un pur produit.

«CRISE DE LÉGITIMITÉ DE L’ETAT»

Après avoir écouté ses interlocuteurs qui ont fait le point sur la situation de l’Ecole sénégalaise au sens large, le chef de file du mouvement Geum Sa Bop a, dès l’entame de son propos, remercié le corps enseignant. Il a salué, par la même occasion, la rigueur et la respectabilité des pédagogues qui lui ont inculqué le savoir – et grâce auxquels il estime avoir pu gravir divers plus d’un barreau de l’échelle sociale. «Cette rencontre me permet d’avoir une idée claire sur les difficultés que vous êtes en train de traverser. Cette situation est la résultante d’un cumul de conséquences qui aujourd’hui a engendré une crise de légitimité de l’Etat dans le secteur de l’Education. Et le secrétaire général Faty (du Syndicat des enseignants libres du Sénégal/Authentique, Ndlr) en a parlé, l’enseignant est un ascenseur social. Donc nous devons beaucoup plus de respect à ce corps qui n’a cessé de se donner corps et âme pour la réussite du jeune sénégalais. C’est bien de penser au Sénégalais de 2035, mais ce Sénégalais de 2035 il y a quelqu’un qui doit le former. Si ce dernier n’est pas considéré, n’est pas respecté, n’est pas dans les conditions optimales pour faire son travail, il sera très difficile d’avoir ce jeune sénégalais bien formé lors du rendez-vous de 2035» assure Bougane Guèye Dany.

«UNE RENCONTRE ENTRE MACkY ET LES ENSEIGNANTS EN GESTATION»

Mettant en relief l’importance de trouver les voies et moyens de permettre le respect des accords signés par le gouvernement, Bougane Guèye ne s’est pas privé d’indiquer, reprenant la rhétorique employée par les syndicats d’enseignants, qu’il est important de respecter lesdits engagements si l’on veut une paix sociale pérenne. «Cette paix sociale est importante, mais elle doit être la résultante d’une justice sociale. Cette justice sociale requière aujourd’hui de mettre ces enseignants dans les meilleures conditions (…) C’est vrai que comparaison n’est pas raison. Mais je suis avec des professeurs d’université dans mon staff, et je sais que leurs indemnité de logement tourne autour de 350 000 francs Cfa – c’est dire qu’il y a une disparité réelle, une différence énorme, et il faut dans tous les cas trouver une solution par rapport à cela» ajoute Bougane Guèye Dany.

Prenant la balle au rebond, après que les syndicats lui ont émis le souhait de rencontrer le chef de l’Etat personnellement, car indisposés par l’attitude du ministre de l’Education Serigne Mbaye Thiam, le médiateur s’est engagé à ne ménager aucun effort afin que cette sollicitation ne reste pas lettre morte. «Je me réjouis de ces échanges parce que tout simplement, au-delà d’être un produit du système éducatif, je me veux partenaire de ce système. Je suis très attentif et je reste à votre écoute. J’essaierai d’user de mon influence, de mon entregent, de mes relations pour voir comment, très rapidement, on pourrait avoir une rencontre avec le chef de l’Etat comme l’a demandé Cheikh Mbow de la Cosydep.

Parce que moi également je crois que c’est la seule solution et le dernier mot revient, quoi qu’il advienne, au chef de l’Etat. C’est vrai que des efforts sont faits, mais il y a d’autres efforts à consentir et, encore une fois, le statut de l’enseignant, l’enseignant en tant que tel, a besoin de plus de considération, de plus de respect si nous voulons être au rendez-vous de 2035 et avoir un système éducatif qui sera performant» conclut le chef de file du mouvement Geum Sa Bopp.

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