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Lancé il y a à peine un an, le projet Tangus qui visait à offrir des services de restauration de proximité, de qualité et à bon prix aux Dakarois, semble sombrer. On constate que, de plus en plus, ses points qui étaient au nombre de 25 à travers la capitale, ferment boutique. Une situation qui s’explique, selon certains gérants et clients, par les produits proposés, leur cherté, etc.

Moderniser le Tangana, un lieu de restauration traditionnel au Sénégal, c’est l’objectif que s’étaient fixés au départ, les initiateurs de Tangus. Ainsi, en Avril 2016, l’initiative fut lancée à Dakar, en présence du Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne.

L’entreprise implanta dès lors, au courant de la même année, 25 points de vente dans Dakar et sa périphérie. Avec de grands containers jaune et rouge et le slogan « Tangus Aka Nekhus » qui signifie littéralement « Tangus, que c’est bon », tout était conçu au début pour offrir un service de restauration rapide, de qualité, avec un savoir-faire « unique et une exigence » à la hauteur des fast-foods de grande renommée.

Cependant, après un an d’existence, le constat est tout autre. Loin des 80 références de produits annoncés, les hamburgers, pizzas, hot-dog, pain, viennoiseries, desserts, boissons…, le projet Tangus fait aujourd’hui face à de nombreux défis qui ralentissent ou freinent l’expansion de ce business. Et selon nos sources, seuls 10 points sur les 25 installés à travers la capitale, sont opérationnels. Une situation que certains gérants ont tenté d’expliquer, sous couvert de l’anonymat.

Des arriérés de salaires à combler

Le grand problème des gérants de points Tangus est en réalité les salaires, disent-ils. « Nous sommes à presque 4 mois d’arriérés de salaires. Alors que nous sommes tous  des soutiens de famille. On a des enfants à prendre en charge, un loyer à payer etc. Certains d’entre nous ont été récemment licenciés, parce qu’ils réclamaient leurs dus. Et pis, ils n’ont même pas bénéficié de frais de dédommagement. C’est trop triste. Nous vivons vraiment des situations difficiles et personne n’ose parler ouvertement par peur d’être renvoyé« , récrimine une gérante, toujours sous couvert de l’anonymat.

En plus de cette angoisse avec la question des impayés de salaires, ces employés racontent qu’ils travaillent dans la crainte. « Si les contrôleurs nous trouvent en train de manger de la nourriture Tangus, ils nous créent des problèmes. Parce qu’ils croient qu’on vole les produits. En fait, notre repas est inclus dans le salaire. Imaginez que nous restons des mois sans salaire, comment on va faire pour manger durant les heures de travail ? ».

Pour rappel, le projet Tangus a été financé par la CBAO pour un coût global de 2,5 milliards de F CFA. Garanti par le Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires (FONGIP), Tangus devait générer près de 500 emplois directs. Environ 95% de ces emplois devaient être créés par « Sénégal Points Chauds » qui assure la commercialisation des produits de SENPAINS. En plus, lors du lancement du projet, le Directeur général de la société, Emile Elmalem avait indiqué leur volonté de couvrir le territoire national, à court terme. Ce qui, pour le moment , ne sera pas possible, au rythme où vont les choses.

Par ailleurs, Enquête a essayé d’avoir la version de la direction de Tangus. Notre reporter s’est rendu au siège qui se trouve à Sacré-Cœur derrière le Crédit mutuel du Sénégal. Sur place, elle a trouvé la secrétaire. Cette dernière lui a demandé d’écrire un mail à envoyer à l’adresse suivante: ichrak.bahji@tangus.sn. Mais jusqu’à présent, la rédaction n’a pas reçu un retour par mail encore moins un appel téléphonique, malgré toutes les relances.

Enquête

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