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Tenant à marquer son septennat, le président Macky Sall a lancé, le 14 décembre 2016, les travaux du Train Express Régional (TER). Annoncé comme une première dans l’histoire du Sénégal en termes de réalisation, le TER est pourtant perçu par une certaine opinion comme étant un projet extrêmement coûteux, en déphasage aux besoins essentiels des Sénégalais.

Le Sénégal est sur le point de réaliser l’un des projets les plus coûteux et les plus inopportuns qui soit, depuis l’indépendance. Présenté comme étant le projet phare sous le magistère du Président Macky Sall, le Train express Régional (TER) est un chemin de fer électrique qui reliera la ville de Dakar au nouvel aéroport Blaise Diagne de Diass soit 47 kilomètres environ de Dakar. Le TER aura à desservir 14 gares et se chargera du transport de 115.000 passagers par jour, en moins de 45 minutes.

Financé à hauteur de 568 milliards de francs Cfa environ, le projet de «Train express régional» (Ter) est scandaleusement coûteux et n’est nullement une priorité absolue pour le Sénégal, d’après Abdoul Mbaye, l’ancien Premier ministre de Macky Sall. «C’est une catastrophe économique. C’est ce que je retiens de par son coût. On sent bien qu’il s’agit d’un projet de prestige, et que le Sénégal a besoin d’autres choses. Effectivement, puisqu’il s’agit de train, ce dont je souffre le plus, c’est de constater, lorsque vous vous rendez à Saint-Louis ou ailleurs sur les routes qui longent les anciennes villes de chemin de fer, ces investissements qui ont cessé d’être utilisés et qui, pourtant, étaient tellement utiles à notre économie», a dit Abdoul Mbaye.

Il semble tout de même clair qu’il aurait été plus judicieux qu’autant d’argent soit investi dans la rénovation du secteur ferroviaire agonisant. En réhabilitant toutes les grandes gares économiquement stratégiques comme celles de Thiès, Kaolack et St-Louis, de reprendre et d’étendre le réseau ferroviaire jusque dans les capitales régionales du pays, on aurait favorisé, sans doute le désenclavement de plusieurs communautés rurales et faciliter la circulation des personnes et des biens à l’intérieur du pays, gage du développement.

Mieux encore, les 568 milliards de francs Cfa engloutis par le TER auraient pu être investis dans le développement d’infrastructures sociales de bases qui auraient pu permettre aux populations vulnérables d’avoir accès à l’eau potable, aux soins médicaux, à l’électricité, à une alimentation durable et saine, à la construction d’écoles et d’hôpitaux…voilà la voie de l’émergence.

Le développement se doit avant tout d’être humain avant de tendre vers le structurel. En cela, on peut comprendre la position du docteur Cheikh Tidiane Gadio. «Il faut qu’on soit raisonnable. Ces trains vont traverser des zones où les populations ont du mal à manger à leur faim où les populations sont confrontées à tous les problèmes», avait relevé l’ancien chef de la diplomatie sénégalaise.

Cela est d’autant plus vrai que le Sénégal est un pays pauvre très endetté qui occupe la 16e place en Afrique subsaharienne en termes de taux d’endettement selon The World Bank. Un pays dans lequel la quasi-totalité des infrastructures de base manquent ou, sont insuffisantes. Ainsi dans l’édition 2016 du rapport du PNUD sur le développement humain, le Sénégal se loge dans la catégorie des pays ayant un niveau de développement humain faible, soit la 30ème place dans le classement de l’ensemble des pays africains étudiés.

Sous ce rapport, un train express ne pourrait nullement être considéré comme un besoin immédiat du peuple sénégalais ; mais plutôt un projet de prestige au moment où une importante frange de la population est rongée par la famine, d’autres croulent sous le poids de la cherté des soins médicaux ou du coût de la vie.

 

Par Ibrahima DIENG

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