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Le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, est désormais poussé vers la sortie à 93 ans après plus de trente-sept ans d’un pouvoir sans partage qui a ruiné son pays. Le président nonagénaire a pourtant déjà été investi par son parti pour briguer un nouveau mandat à la prochaine élection présidentielle qui aura lieu en 2018. Mais pour le plus vieux chef d’Etat en exercice de la planète, ce coup de force signe la chute de la maison Mugabe.

Les images de ses siestes en pleines réunions internationales ont fait le tour du monde. Il était devenu une sorte de caricature du vieux dirigeant africain qui s’accroche au pouvoir. Robert Mugabe conserve pourtant une certaine aura en Afrique.

Quand il devient Premier ministre en 1980, sept ans avant de devenir chef de l’Etat, Robert Mugabe est le héros dont l’Afrique a besoin. Il a passé dix années en détention, mais a réussi à renverser la Rhodésie et son régime raciste, en négociant. Au nom de l’unité du pays, il joue d’abord la carte de la réconciliation. Robert Mugabe incarne alors la réussite d’une Afrique indépendante. L’Occident s’en réjouit.

Tant pis s’il doit écarter son allié Joshua Nkomo. Robert Mugabe usera de la manière forte et fera massacrer des dizaines de milliers de Ndebele dans le fief le son frère ennemi, le Matabeleland. Leur affrontement ne se terminera qu’en 1987 lorsque le parti de Joshua Nkomo, la Zapu, intègre celui de Robert Mugabe, la Zanu-PF.

Une main de fer

L’ancien dirigeant de la rébellion zimbabwéenne espère transformer sa formation d’obédience marxiste en parti unique. Mais après la chute du mur de Berlin, il n’en sera plus question. Cela n’empêchera pas Robert Mugabe de diriger le Zimbabwe d’une main de fer. Dans les années 1990, il sera réélu presque sans opposition. Menacée, intimidée, celle-ci ne fait pas le poids.

Dès le début des années 2000, Robert Mugabe change de cap. Il met en place les grandes réformes de la redistribution des terres, qui s’accompagnent de violences qui contraignent la plupart des fermiers blancs à quitter le pays. C’est le temps des diatribes anti-impérialistes, des élections qui n’en sont pas, de la ruine financière, des pénuries alimentaires. Mais Robert Mugabe reste sourd aux critiques.

Seul Dieu pouvait lui retirer le pouvoir

Cela permettra à l’opposition de faire une percée électorale en 2008, obligeant le camarade Mugabe à partager le pouvoir avec Morgan Tsvangirai. Pour Robert Mugabe, ce gouvernement d’union nationale est une humiliation, et il reprendra vite la main. L’ancien révolutionnaire déclarait, en 2008, que seul Dieu pouvait lui retirer le pouvoir. C’était faire peu de cas des hommes qui lui avaient permis d’y arriver, ses anciens frères d’armes.

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